Pourquoi chaque nouveau cycle du Bitcoin est plus faible — et ce que cela signifie pour vous
Le Bitcoin poursuit sa progression, mais à un rythme bien moins soutenu qu’auparavant. Après le halving de 2024, son cours n’a grimpé que de 97 %, alors que lors des cycles précédents, les gains atteignaient souvent des centaines, voire des milliers de pourcents. Il ne s’agit pas seulement d’une tendance statistique : si elle se confirme, les prochaines “bull runs” du Bitcoin risquent de ne plus constituer des événements bouleversants.
Qu’est-ce qu’un halving, et pourquoi perd-il de son impact ?
Un halving intervient tous les quatre ans environ, réduisant de moitié la récompense en bitcoins versée aux mineurs pour chaque bloc validé. Imaginez que vous confectionniez des tartes : tous les quelques années, la quantité de sucre que vous recevez par tarte est divisée par deux. Cela rend chaque nouvelle tarte plus coûteuse à produire — et devrait théoriquement en augmenter la valeur.
Dans le passé, les halvings déclenchaient presque systématiquement une forte envolée des prix. En 2012, le Bitcoin a bondi de 9 294 % ; en 2016, de 2 950 % ; et en 2020, de 761 %. Mais dans le cycle actuel, entamé en avril 2024, le sommet à 125 000 $ ne représente qu’une hausse de 97 % par rapport au prix observé juste après le halving.
La volatilité diminue — et c’est une arme à double tranchant
La volatilité mesure l’amplitude des fluctuations du cours. Autrefois, le Bitcoin ressemblait à un grand huit : un instant il s’envolait vers des sommets vertigineux, puis retombait brutalement dans le précipice. Aujourd’hui, il s’apparente davantage à un train régional, avançant de manière constante sans à-coups spectaculaires.
Les données montrent que la volatilité sur 30 jours du Bitcoin tourne actuellement autour de 1,75 %. À titre de comparaison, elle dépassait 9 % après le halving de 2020. Le marché est donc devenu plus calme, mais les opportunités de gains — ou de pertes — rapides se sont également réduites.
L’analyse de Fidelity Digital Assets le confirme : lors des précédentes phases baissières, les prix chutaient généralement de 80 à 90 %. Cette année, en revanche, le recul depuis le pic de 125 000 $ jusqu’au plancher de 60 000 $ n’a représenté qu’un peu plus de 50 %.
Pourquoi cela se produit-il ? Trois raisons clés
- Le marché mûrit — Le Bitcoin n’est plus une simple expérimentation ; c’est désormais un actif détenu par des fonds de pension, des banques et des entreprises. Ces institutions n’achètent pas sur un coup de tête : elles allouent leurs capitaux avec prudence.
- Les halvings sont prévisibles — Tout le monde sait exactement quand ils auront lieu. Sans cet effet de surprise, la demande ne s’emballe pas subitement.
- La concurrence s’intensifie — De nouvelles cryptomonnaies, des ETF et des actifs tokenisés émergent. Les investisseurs répartissent leurs capitaux entre ces différentes options plutôt que de miser exclusivement sur le Bitcoin.
Le point final
- Le cycle actuel du Bitcoin connaît la plus faible remontée post-halving de l’histoire.
- La volatilité a chuté de plus de 50 % par rapport à 2020.
- Les baisses de prix sont aujourd’hui moins marquées : les sommets affichent environ 50 % de baisse contre 90 % auparavant.
- Des experts, dont les analystes de Galaxy et de Fidelity, estiment que cette tendance va se poursuivre.
- Le prochain halving, prévu en 2028, ne devrait probablement pas provoquer une nouvelle ruée vers l’or.
Que signifie tout cela pour le grand public ?
Si vous espériez que le Bitcoin vous offrirait un moyen rapide de vous enrichir, comme en 2017 ou en 2021, il est temps d’ajuster vos attentes. Aujourd’hui, il se comporte davantage comme de l’“or numérique” : une progression lente, une protection contre l’inflation, mais sans espoir de gains foudroyants du jour au lendemain.
Pour ceux qui détiennent du Bitcoin dans le cadre d’une épargne à long terme, c’est même plutôt positif : moins de stress et un risque réduit de voir la moitié de votre investissement s’évaporer en une seule semaine. En revanche, traders et spéculateurs trouveront peut-être le marché moins excitant.
L’essentiel à retenir ? Ne confondez pas maturité et déclin. Le Bitcoin ne disparaît pas. Il passe simplement de l’ère du Far West à une phase de croissance stable, quoique modérée.
— Editorial Team