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Pétrole brut Brent à 113 $ : choc des prix au Moyen-Orient

Les contrats à terme sur le Brent ont dépassé les 113 $ en raison de la paralysie du transport maritime dans le détroit d'Ormuz due au conflit américano-iranien. La hausse n'est pas liée à un déséquilibre fondamental mais représente une 'prime de peur'. Sans désescalade, les cours ne descendront pas en dessous de 110 $, et un scénario pessimiste permet une hausse à 150 $.

Brent au-dessus de 113 $ en pleine crise au Moyen-Orient
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Le Brent dépasse les 113 $ au milieu de la crise au Moyen-Orient

Les prix du pétrole ont fortement grimpé après la reprise des hostilités actives au Moyen-Orient. Les contrats à terme sur le Brent se négocient autour de 113,5 $ le baril, et les analystes estiment que sans désescalade, les prix ne descendront pas en dessous de 110 $.


Le Brent à 113 $ : choc des prix comme miroir d'une catastrophe géopolitique

Introduction

Le 4 mai 2026, les contrats à terme sur le Brent se sont établis au-dessus de 113 $ le baril, marquant une nouvelle phase de la crise énergétique d'origine militaro-politique. La flambée brutale des prix a été une conséquence directe de la reprise des hostilités actives au Moyen-Orient et de la paralysie effective du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Il est important de souligner que la hausse actuelle des prix n'est pas le résultat d'un déséquilibre fondamental entre l'offre et la demande au sens classique, mais uniquement d'une « prime de peur » multipliée par la perturbation des chaînes d'approvisionnement. Alors que les analystes prévoyaient auparavant une baisse progressive des prix au second semestre à 80–85 $ le baril, la réalité impose désormais un scénario radicalement différent : sans désescalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran, les prix ne descendront pas en dessous de la barre des 110 $.

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Détails de l'événement et chronologie

La dynamique des échanges les 4 et 5 mai reflète une nervosité extrême du marché. La séance de lundi a ouvert sur une note relativement calme grâce à une déclaration du président Donald Trump annonçant le lancement de l'opération « Project Freedom » visant à fournir une escorte militaire aux navires marchands traversant le détroit d'Ormuz, ce qui a brièvement poussé le Brent sous les 106 $ le baril. Cependant, l'optimisme s'est instantanément évaporé avec les informations sur les actions de représailles de l'Iran.

La chronologie des impulsions de prix est la suivante : après l'annonce que la marine iranienne avait tiré des missiles de semonce sur un navire de patrouille américain dans le golfe d'Oman, le marché a effectué son premier bond brusque à la hausse. La deuxième impulsion, plus forte, a suivi la confirmation par le ministère de la Défense des Émirats arabes unis de l'interception de missiles balistiques iraniens au-dessus de son territoire et d'un incendie dans une installation pétrochimique dans le port de Fujaïrah. Lors des échanges en soirée du 4 mai, les contrats à terme sur le Brent pour livraison en juillet ont atteint 115 $ le baril, soit une hausse de près de 8,5 % en une seule séance.

Au matin du 5 mai, une légère correction technique à 113,47 $ le baril s'est produite dans le contexte d'un seul succès de la marine américaine : la compagnie danoise Maersk a confirmé que son navire Alliance Fairfax, sous pavillon américain, avait traversé le détroit sous protection militaire. Néanmoins, l'analyste de KCM Trade, Tim Waterer, a qualifié cela de « cas isolé, pas une reprise complète du trafic maritime ». Fait crucial, les contrats à terme sur le WTI pour livraison en juin se sont également maintenus au-dessus de 104 $ le baril, confirmant la nature mondiale du choc des prix.

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Impact et importance

Les conséquences macroéconomiques du maintien des prix du pétrole au-dessus de 110 $ le baril dépassent largement le secteur énergétique. Les analystes de Danske Bank soulignent que la montée des tensions géopolitiques « met à l'épreuve la trêve fragile, et les risques d'inflation deviennent plus prononcés ». Cela signifie que les banques centrales des pays développés, principalement la Fed et la BCE, se trouvent dans une position extrêmement difficile : la pression inflationniste des prix de l'énergie appelle un resserrement de la politique monétaire, tandis que la menace de récession impose un assouplissement.

Pour l'économie mondiale, le Brent à 113 $ est un coup direct porté à la demande des consommateurs. Comme les analystes l'avaient prévenu avant même l'escalade de mai, des prix prolongés au-dessus de 100 $ le baril pourraient entraîner une « destruction de la demande » et un ralentissement de l'activité économique. Selon les estimations de Goldman Sachs publiées fin avril, le marché mondial est déjà passé d'un excédent de 1,8 million de barils par jour à un déficit d'environ 9,6 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026. Les baisses de production au Moyen-Orient s'élèvent à 14,5 millions de barils par jour, entraînant une réduction record des stocks mondiaux.

La situation des transports mérite une attention particulière. Sept pays de l'OPEP+ ont décidé d'augmenter leurs quotas de production en juin de 188 000 barils par jour, mais les augmentations réelles sont impossibles tant que le trafic dans le détroit d'Ormuz n'est pas rétabli. De plus, les Émirats arabes unis, qui produisent environ 3 à 3,5 millions de barils par jour, ont annoncé leur retrait de l'OPEP à compter du 1er mai, ajoutant de l'incertitude aux perspectives de coordination de l'offre. L'effet sur le consommateur moyen se traduit par une hausse des coûts du carburant : avec le pétrole à 113 $, les prix de détail de l'essence aux États-Unis et en Europe franchiront inévitablement des barrières psychologiques, alimentant le mécontentement social.

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Réaction des acteurs clés

La réaction des participants au marché montre un schéma de comportement classique en cas de choc géopolitique. Les banques d'investissement révisent d'urgence leurs prévisions. Danske Research a noté que les prix actuels sont radicalement en décalage avec les attentes d'avril — par exemple, l'enquête de la BCE auprès des prévisionnistes professionnels tablait sur un Brent à 94 $ au T2, 85 $ au T3 et 80 $ au T4. La réalité a bouleversé ces calculs.

L'analyste d'UBS, Giovanni Staunovo, a formulé la thèse clé du moment : « Les prix du pétrole resteront sur une trajectoire haussière tant que les approvisionnements via le détroit d'Ormuz resteront contraints. » Cela signifie que le marché a cessé de réagir aux facteurs fondamentaux d'équilibre offre-demande, se soumettant entièrement à la logique des événements militaires.

Washington tente de calmer la panique en démontrant sa force militaire. Le passage réussi du navire de Maersk sous la protection de la marine américaine est présenté comme une preuve de l'efficacité de l'opération « Project Freedom ». Cependant, la réaction du marché — le Brent a à peine baissé sous les 113 $ — indique que les investisseurs ne croient pas en la capacité de 12 destroyers à assurer la sécurité de centaines de navires marchands.

L'Iran, de son côté, utilise une tactique d'escalade contrôlée, publiant des cartes des zones de contrôle élargies dans le détroit d'Ormuz, y compris les ports émiratis de Fujaïrah et de Khor Fakkan. Ce contexte informationnel crée une « prime de peur » supplémentaire, que les analystes estiment à environ 15–20 $ le baril au-dessus du niveau fondamentalement justifié.

Prévisions et conclusions

Les perspectives des prix du pétrole dans les semaines à venir sont uniquement déterminées par l'évolution de la situation militaro-politique. Le scénario de base, suivi par les analystes d'Euler et de Renaissance Capital, suppose un prix moyen du Brent de 110 $ le baril au T2, suivi d'une normalisation au second semestre à des niveaux de 75–80 $. Cependant, ce scénario nécessite une condition impérative : la désescalade du conflit et le rétablissement partiel du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

Un scénario plus réaliste est le scénario pessimiste, dans lequel l'opération militaire américaine s'éternise et l'Iran continue ses attaques contre les infrastructures des monarchies arabes. Dans ce cas, le déficit d'offre s'aggravera et les prix du Brent pourraient tester les niveaux de 120–130 $ le baril. Dmitry Danilin, gestionnaire de portefeuille chez Alfa Capital, admet la possibilité d'atteindre 150 $ le baril si le déficit persiste aux niveaux actuels. En même temps, il apporte une réserve fondamentale : un tel niveau de prix n'est pas durable, car il entraînera inévitablement une « destruction de la demande » des 7 à 9 millions de barils par jour qui constituent actuellement le déficit.

La principale conclusion de la situation actuelle est que l'économie mondiale est confrontée à un phénomène unique dans l'histoire récente : une crise énergétique d'origine humaine sans lien avec l'épuisement des ressources géologiques ou la croissance cyclique de la consommation. Le prix du Brent à 113 $ n'est pas un signal économique, mais une projection directe des actions militaires sur les terminaux de négociation. Tant que la diplomatie n'offrira pas un mécanisme de cessez-le-feu opérationnel, un baril de pétrole coûtera exactement le prix de la peur des gros titres de demain.

— Editorial Team

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