Retour à l'accueil

Chine bloque Bitchat : une menace pour la liberté d'expression ?

La Chine a interdit l'application Bitchat, développée par Jack Dorsey, en raison de sa capacité à fonctionner sans internet et à éviter la surveillance. Cette décision soulève des questions majeures sur la liberté d'expression et la résilience des communications dans les contextes de crise.

Bitchat bloqué en Chine : la fin de la messagerie anonyme ?
Advertisement 728x90

La Chine bloque l'application de messagerie hors ligne de Jack Dorsey, Bitchat — Voici pourquoi cela compte

La Chine a exigé que Apple retire Bitchat, une application de messagerie créée par l’ancien PDG de Twitter Jack Dorsey, de son App Store sur le territoire national. Ce n’est pas seulement une affaire d’une seule application — il s’agit de savoir qui contrôle la parole humaine lorsque l’internet est coupé.

Bitchat fonctionne sans connexion internet, utilisant le Bluetooth et les téléphones proches pour transmettre des messages comme une chaîne de chuchotements numériques. Cela rend sa fermeture ou son surveillance par les gouvernements extrêmement difficile, ce qui explique précisément son utilisation lors de manifestations dans des pays comme l’Iran, l’Ouganda ou Indonésie.

Qu’est-ce que Bitchat et comment ça marche ?

Imaginez être dans un concert bondé et votre téléphone sans signal. Normalement, vous ne pourriez pas envoyer de message. Mais avec Bitchat, votre téléphone pourrait discrètement transmettre un message à la personne à côté de vous, qui le passe à son tour — comme un jeu de téléphone arabe — jusqu’à ce qu’il atteigne votre ami au bout de la salle.

Google AdInline article slot

C’est ce qu’on appelle le réseau maillé : les appareils se connectent directement entre eux, sans dépendre des tours cellulaires ou du Wi-Fi. Aucune entreprise centrale ne possède le système, et aucun serveur ne stocke vos messages. C’est ce que signifie « décentralisé » : le contrôle est réparti, pas détenu par une entité unique comme Facebook ou WeChat.

Comme il n’a pas besoin d’internet, Bitchat continue de fonctionner même quand les gouvernements coupent la connexion pendant des manifestations ou des crises.

Pourquoi la Chine l’a-t-elle interdit ?

Les autorités chinoises ont affirmé que Bitchat enfreint les règles concernant les services capables de façonner l’opinion publique ou de mobiliser les citoyens — ce qu’elles appellent la « mobilisation sociale ». En vertu de la législation chinoise, toute application permettant une diffusion large d’informations doit passer des contrôles de sécurité rigoureux et autoriser une surveillance gouvernementale.

Google AdInline article slot

WeChat, l’application de messagerie dominante en Chine, respecte ces règles. Elle surveille les conversations, bloque certains mots-clés et partage des données avec les autorités quand nécessaire. Bitchat, lui, ne fait rien de tout cela par conception.

Ce n’est pas la première fois que la Chine bloque une application soutenue par Dorsey. En 2023, elle avait déjà interdit Damus, une alternative décentralisée à Twitter, pour des raisons similaires. Ce schéma montre la position constante de Pékin : si un outil de communication ne peut pas être surveillé, il n’est pas le bienvenu.

Où Bitchat a-t-il été utilisé ?

Bitchat a gagné en popularité dans des pays où les coupures d’internet sont fréquentes durant les troubles politiques :

Google AdInline article slot
  • Iran : Pendant les manifestations pour les droits des femmes, des activistes l’ont utilisé lorsque les réseaux mobiles étaient ralentis.
  • Ouganda : Avant les élections, les utilisateurs ont recouru à Bitchat alors que les plateformes sociales étaient restreintes.
  • Indonésie et Népal : Des manifestants se sont appuyés dessus lors de rassemblements où les autorités avaient perturbé l’accès en ligne.
  • Madagascar : Des organisateurs locaux l’ont adopté pour coordonner des actions civiques.

L’application a plus de trois millions de téléchargements mondiaux, dont plus d’un million uniquement sur Android — témoignant d’un réel besoin de solutions fonctionnant même quand l’internet tombe en panne.

Que signifie cela pour les citoyens ordinaires ?

Si vous vivez dans un pays où l’internet est stable et où les libertés d’expression sont protégées, Bitchat peut sembler inutile. Mais pour des millions de personnes à travers le monde, la capacité à communiquer pendant les coupures est une question de survie — pas seulement pour les protestations, mais aussi pendant les catastrophes naturelles, les pannes électriques ou les ruptures d’infrastructure.

La décision de la Chine met en lumière un fossé croissant à l’échelle mondiale : certains gouvernements veulent que toutes les communications numériques soient traçables et contrôlables, tandis que d’autres (et beaucoup de citoyens) valorisent la vie privée et la résilience. Même si vous n’utilisez jamais Bitchat, cette tension touche l’avenir de l’expression libre, en ligne comme hors ligne.

Points clés

  • Bitchat est une application de messagerie qui fonctionne sans internet, utilisant le Bluetooth pour transmettre des messages entre téléphones voisins.
  • La Chine l’a interdite car elle ne peut pas être surveillée ni contrôlée par les autorités, en violation des règles sur la « mobilisation sociale ».
  • L’application a été utilisée dans plusieurs pays pendant des coupures d’internet liées à des manifestations ou des élections.
  • Cela reflète un conflit global croissant entre surveillance étatique et communication privée et résiliente.
  • Les applications décentralisées comme Bitchat offrent des alternatives quand les réseaux traditionnels tombent en panne — mais font face à une répression réglementaire dans les régions fortement contrôlées.

— Editorial Team

Advertisement 728x90

Lire ensuite

Actualités partenaires