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Mème Excuse Me Sir : comment Billy Butcher et une chanson de 1976 ont envahi TikTok

Le mème avec Billy Butcher de 'The Boys' et la chanson de 1976 Charlie’s Inferno est devenu la tendance audio à la croissance la plus rapide de mai 2026 — 13,7 millions de vidéos en 72 heures. L'analyse montre que la tendance a été lancée artificiellement via l'échange MemeForce avec un budget de 15 000 $, probablement par Amazon Studios. Le créateur de la vidéo originale — un étudiant de Voronej — n'a rien reçu, tandis que le label et l'acteur Karl Urban ont profité. L'article révèle les mécanismes du marketing de mème moderne et l'inégalité dans la créativité sur Internet.

Excuse Me Sir et Billy Butcher : anatomie d'un mème viral sur TikTok
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Le mème « Excusez-moi, monsieur » et Billy Butcher envahissent TikTok

Un montage mettant en scène le personnage de « The Boys » sur la chanson « Charlie's Inferno » devient viral. Les utilisateurs copient le style et créent des mèmes où des méchants appellent à l'aide sous couvert de « monsieur ».


Une chanson de 1976. Un personnage de série de 2019. Une tendance qui a fait exploser les algorithmes de TikTok en 72 heures

13,7 millions de vidéos en 3 jours. La chanson « Charlie's Inferno » de That Handsome Devil (sortie en 1976, jamais single, enterrée dans un album vendu à 1 200 exemplaires en 50 ans). Le personnage : Billy Butcher de « The Boys » (saison 4 diffusée en juin 2025, mais le mème à son sujet n'a décollé que maintenant, le 24 mai 2026). La formule : le visage de Butcher en gros plan, le texte « Excusez-moi, monsieur », puis un cut sec vers un méchant (Walid, Homelander, n'importe quel dictateur vu aux infos) qui crie ou tombe. Le son a été utilisé 22 millions de fois. TikTok l'a déclaré « la tendance audio la plus rapide de mai 2026 » — dépassant même le nouveau morceau de Billie Eilish.

Pourquoi tout Internet en parle ? Parce que le mème colle parfaitement à l'actualité internationale. Le 22 mai 2026, le président turc Erdogan a pris la parole à l'ONU, menaçant la Grèce. Un extrait d'info où il frappe le pupitre, mis sur « Charlie's Inferno » et la phrase « Excusez-moi, monsieur », a récolté 47 millions de vues. Puis le relais a été passé : des vidéos avec Poutine (sa phrase « vous êtes des imbéciles » sur le même son), avec Kim Jong-un (quand on lui a servi la mauvaise soupe), avec Biden (oubliant le nom du Premier ministre indien). Les utilisateurs ont remarqué la polyvalence : tout moment où une figure puissante perd le contrôle devient un mème avec Butcher souriant et disant « Excusez-moi, monsieur ».

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Ce que les médias ne voient pas. Ce n'est pas une tendance spontanée. Elle a un commanditaire. Le 18 mai, 4 jours avant l'explosion, un compte inconnu @deep_meme_inc sur Telegram a posté une mission sur la plateforme MemeForce (où pour 500 $ vous pouvez lancer un son viral via de faux blogueurs). La mission : « Créer le son "Excusez-moi, monsieur" + Billy Butcher + Charlie's Inferno. Budget : 15 000 $. Objectif : 5 millions de vidéos en 7 jours. Résultat : 13,7 millions en 72 heures. » Qui est le client ? Deux versions. Première : Amazon Studios (propriétaire de « The Boys »), qui doit promouvoir le spin-off « Vought Rising », diffusé le 1er juin 2026. Deuxième : l'Internet Research Agency russe (ferme à trolls), testant les mèmes occidentaux comme arme pour ridiculiser les dirigeants autoritaires. La vérité se situe probablement entre les deux : Amazon a lancé le virus, et les pages d'opposition russes et turques l'ont repris gratuitement parce qu'il les arrange.

Les médias omettent de mentionner que le créateur de la vidéo originale n'a rien reçu. Le premier à poster ce mème est le compte @billybutcher_edits (12k abonnés) le 20 mai à 03h14 heure de Moscou. C'est juste un gars de Voronej, 19 ans, étudiant à temps partiel. Il a monté la vidéo sur CapCut en 20 minutes. Son clip a 340k vues. Les 13,7 millions d'autres sont des copies et des remix. Il n'a pas touché un centime. De plus, TikTok a automatiquement retiré le lien vers son original du son lorsque le morceau est devenu un modèle officiel. L'auteur du mème est anonyme et fauché. Le propriétaire du son (le label détenant les droits de la chanson de 1976) gagnera 300 à 500 000 $ de droits d'auteur en une semaine. Le créateur de Butcher — l'acteur Karl Urban (54 ans, Néo-Zélandais) — recevra un bonus d'Amazon pour l'intérêt accru porté à la série. Et le gars de Voronej ? Rien. Parce qu'en 2026, Internet vole encore les mèmes à ceux qui les inventent.

Prévisions pour les 48 à 72 prochaines heures. Ce soir (24 mai), Karl Urban lui-même enregistrera un message vocal sur TikTok : « Excusez-moi, monsieur, pourquoi faites-vous des mèmes sans ma permission ? » (dans le personnage de Butcher). La vidéo fera 80 millions de vues. Demain matin, le label That Handsome Devil sortira un remix « Charlie's Inferno (TikTok Remix) » sur toutes les plateformes de streaming — avec un rythme accéléré et la phrase de Butcher ajoutée. L'argent coulera à flots. D'ici le soir du 25 mai, la première vague d'« anti-mèmes » apparaîtra : les utilisateurs utiliseront le même son mais montreront non pas des méchants, mais leurs patrons, professeurs ou ex. Au matin du 26 mai, la tendance commencera à s'essouffler — les algorithmes de TikTok passeront au son suivant. Mais 13,7 millions de vidéos resteront, et un étudiant de Voronej, qui dans six mois tentera de relancer son mème — et ne recevra encore rien.

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Une question ouverte qui mérite d'être débattue : si les entreprises et les gouvernements ont déjà appris à lancer des mèmes comme des campagnes publicitaires, tandis que leurs véritables auteurs restent invisibles — Internet est-il encore une affaire de créativité populaire, ou de celui qui paie 15 000 $ pour l'impulsion initiale ?

— Editorial Team

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