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Gaz pour la Chine : pourquoi les remises resteront en vigueur jusqu'en 2029

La Russie vend du gaz naturel à la Chine avec une remise d'environ 38 % par rapport aux prix européens, et cet écart se maintiendra jusqu'à la fin de la décennie. L'article explique les raisons du différentiel de prix, les contraintes liées à l'infrastructure des pipelines et les conséquences du réaménagement du marché énergétique mondial pour les consommateurs ordinaires.

Réorientation gazière vers l'Est : pourquoi la Chine dicte les prix
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La Chine ne remplacera pas l'Europe : pourquoi le gaz russe part vers l'Est avec une énorme remise

Imaginez que vous ayez vendu un produit à vos voisins à prix premium pendant des années, mais après une rupture, vous devez trouver un nouvel acheteur en gros. Ce dernier accepte de tout prendre, à condition que vous fassiez des concessions, car il a d'autres options. C’est exactement ce à quoi ressemble aujourd’hui le commerce du gaz entre Moscou et Pékin. Selon Bloomberg, la Russie prévoit de vendre du gaz à la Chine cette année à environ 258,80 dollars le millier de mètres cubes — soit 38 % de moins que le prix pratiqué auprès des rares pays européens qui continuent d’acheter du gaz russe. Cette différence devrait lentement se réduire, mais même d’ici 2029, la remise chinoise restera d’environ 27 %.

Pourquoi les prix sont-ils plus bas en Asie ?

La position officielle de Gazprom est simple : les gisements alimentant les itinéraires orientaux sont géographiquement plus proches de la Chine que les champs occidentaux ne le sont de l’Europe, ce qui réduit naturellement les coûts logistiques. Toutefois, les analystes du marché y voient une autre réalité. Pékin adopte une position négociatrice ferme, sachant très bien que la Russie n’a actuellement aucun autre grand acheteur pour son gaz par oléoduc. Quand un acheteur sait que le vendeur manque d’options, c’est lui qui dicte les conditions.

Trois facteurs clés influencent le prix final :

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• La proximité géographique des gisements orientaux par rapport à la frontière, ce qui réduit objectivement les frais de transport.

• La position de force de Pékin, qui exploite habilement la conjoncture actuelle.

• La nature à long terme des contrats, qui verrouillent les conditions pour plusieurs années, indépendamment des fluctuations à court terme sur le marché spot.

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C’est un levier économique classique, valable aussi bien dans le commerce du blé que dans les accords énergétiques internationaux.

Tuyaux, volumes et réalité du marché

Le gazoduc « Force de Sibérie » a déjà atteint sa capacité initiale de 38 milliards de mètres cubes par an. D’ici 2029, les livraisons devraient grimper à 52,5 milliards grâce à l’extension de l’oléoduc existant et à la construction de nouvelles branches en Extrême-Orient. Ces chiffres semblent impressionnants, mais ils doivent être mis en perspective. Avant 2022, jusqu’à 200 milliards de mètres cubes étaient exportés chaque année vers l’Europe. Rediriger de tels volumes vers l’Est revient à vouloir transvaser l’eau d’un large fleuve navigable dans un tuyau de jardin. Physiquement, c’est impossible sans investissements massifs. Quant au projet du deuxième gazoduc, il reste en phase de négociations interminables et pourrait prendre jusqu’à dix ans à être réalisé.

Pendant ce temps, les livraisons par pipeline vers l’Europe continueront de baisser progressivement. Elles devraient tomber à 32 milliards de mètres cubes annuels d’ici 2028–2029. Pour compenser ces pertes, les entreprises russes redirigent activement leur gaz naturel liquéfié (GNL) vers des pays qualifiés d’« amicaux », en offrant des remises allant jusqu’à 40 % par rapport aux prix spot, et modifiant parfois les documents d’accompagnement pour masquer l’origine du chargement. Ces manœuvres confirment une chose : le marché de l’énergie est désormais fragmenté, et les écarts de prix entre régions sont devenus la nouvelle norme.

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Que signifie cela pour les gens ordinaires ?

Les prix mondiaux du gaz influencent directement le coût du chauffage, de l’électricité, et même celui des produits alimentaires, puisque l’énergie est nécessaire à leur production, stockage et transport. Tant que la Russie vend ses ressources avec des remises, et que l’Europe comme l’Asie s’adaptent à de nouvelles chaînes d’approvisionnement, le marché restera sensible à toute perturbation. Pour les consommateurs, cela veut dire que l’ère des énergies bon marché et prévisibles est terminée. Le montant des factures d’utilités dépendra désormais de la rapidité avec laquelle le monde saura construire une infrastructure énergétique alternative.

— Editorial Team

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