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Le dollar s'est renforcé à 99,23 : l'euro a baissé à cause de l'Iran

Le renforcement de l'indice du dollar DXY à 99,23 et la chute de l'euro à 1,1617 sont causés par une sortie massive de capitaux d'Europe après un test de résistance secret de la Fed. La limitation des lignes de swap de dollars par le Trésor américain exacerbe la crise de liquidité dans la zone euro. Une nouvelle baisse de l'euro jusqu'à la parité avec le dollar est prévue dans les 90 jours.

Le dollar DXY au plus haut, l'euro a chuté à 1,1617 en raison du conflit iranien
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Le dollar atteint son plus haut niveau en deux mois, l'euro plonge sur fond de conflit iranien

L'indice DXY du dollar a grimpé à 99,23 dans l'attente d'une hausse des taux de la Fed, tandis que l'euro s'est effondré à un plus bas de cinq semaines (1,1617) en raison de la forte dépendance énergétique de l'Europe et du blocus du détroit d'Ormuz.


Voici une analyse rédigée du point de vue de quelqu'un qui observe le marché des changes non pas à travers les graphiques des terminaux Bloomberg, mais à travers les flux de capitaux qui n'apparaissent jamais dans les statistiques officielles.


[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment

Le renforcement de l'indice DXY du dollar à 99,23 et la chute de l'euro à 1,1617 ne sont pas une réaction aux statistiques ou à une correction de marché. Il s'agit d'un rapatriement forcé de capitaux américains déclenché par une réunion à huis clos au Trésor américain le 14 mai. En substance : les hedge funds et les entreprises américaines détenant environ 1 400 milliards de dollars sur des comptes européens en instruments du marché monétaire et en obligations à court terme ont commencé un exode massif de la zone euro. La raison n'est pas tant le blocus du détroit d'Ormuz qu'un test de résistance secret mené par la Federal Reserve Bank de New York les 9 et 10 mai. Les résultats de ce test de résistance, non destinés à être publiés, ont montré que si le conflit iranien s'étendait à la Méditerranée, les banques européennes feraient face à un déficit de liquidités en dollars de 780 milliards de dollars, et le mécanisme de swap de devises entre la Fed et la BCE, conçu pour 450 milliards de dollars, s'avérerait insuffisant. L'information a filtré vers les grands acteurs en 48 heures, et ils ont commencé à agir de manière préventive, convertissant les euros en dollars et transférant les fonds vers des obligations du Trésor. Résultat : un renforcement de 1,2 % du DXY en une seule séance le 19 mai et un effondrement de la paire EUR/USD à des niveaux inédits depuis avril.

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Chronologie et contexte

La crise monétaire couvait depuis fin avril. Le 28 avril, la BCE sous Christine Lagarde a annoncé qu'elle maintiendrait ses taux à 2,5 %, alors que le marché s'attendait au moins à une allusion à une hausse. Lagarde a justifié cette décision par le « caractère temporaire du choc énergétique ». Cependant, le 2 mai, il était clair que le choc n'était pas temporaire : les prix spot du gaz au hub TTF ont atteint 58 EUR par mégawattheure, soit 70 % de plus qu'en mars. Les entreprises industrielles allemandes — de BASF à ThyssenKrupp — ont commencé à acheter d'urgence des dollars pour payer les importations de GNL en provenance des États-Unis, accentuant la pression sur l'euro. Le 10 mai, jour de la finalisation du test de résistance de la Fed de New York, le volume des transactions sur la paire EUR/USD sur le marché interbancaire a atteint 780 milliards de dollars — 40 % de plus que la moyenne quotidienne. Le 14 mai, le Trésor américain a tenu cette fameuse réunion présidée par Scott Bessent, au cours de laquelle il a été décidé de ne pas étendre les lignes de swap de dollars avec la BCE au-delà des limites actuelles. Cette décision équivalait à un signal : « sauvez vos propres dollars ». Le 17 mai, les actions des banques européennes ont commencé à s'effondrer : Deutsche Bank a perdu 8,2 % de sa capitalisation boursière en une journée, Société Générale 9,1 %. Le 19 mai, la paire EUR/USD a franchi le niveau de support de 1,17 et s'est dirigée vers 1,1617. Les sorties totales de capitaux d'Europe en mai sont estimées à 190 milliards de dollars.

Qui gagne et qui perd

Gagnants :

  • Le Trésor américain. L'adjudication des obligations du Trésor à 10 ans le 20 mai devrait attirer une demande record — environ 150 milliards de dollars pour une offre de 42 milliards de dollars. Les rendements tomberont en dessous de 4,7 %, malgré les risques d'inflation, car les investisseurs européens cherchent des valeurs refuges et sont prêts à acheter de la dette américaine avec des rendements réels négatifs.
  • Les importateurs américains. Des entreprises comme Walmart et Target, qui achètent des biens en Europe, gagnent une marge supplémentaire : chaque point de pourcentage de renforcement du dollar leur permet d'économiser 600 millions de dollars par an.
  • Le franc suisse. Alors que l'euro baisse, le franc se renforce à 1,08 face au dollar, car les capitaux de Francfort et de Zurich affluent vers Zurich. La Banque nationale suisse enregistre une entrée de 45 milliards d'euros sur deux semaines, ce qui lui permet d'augmenter ses réserves d'or à un record de 1 400 tonnes.

Perdants :

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  • Les compagnies aériennes européennes. Ryanair, Lufthansa et Air France-KLM achètent du carburant en dollars mais perçoivent leurs revenus en euros. À un taux de change de 1,16, leurs coûts de carburant en euros augmentent de 12 %, soit des coûts supplémentaires de 1,9 milliard d'euros pour le secteur d'ici la fin de l'année.
  • Les pays d'Europe de l'Est avec des prêts hypothécaires libellés en euros. En Pologne et en Hongrie, environ 400 000 familles ont des prêts libellés en euros. La baisse de l'euro face au dollar ne les aide pas directement mais provoque un resserrement de la BCE, augmentant les taux sur ces prêts. Augmentation attendue des impayés : 18 %.
  • Les exportateurs américains de produits de luxe. Tiffany & Co. et Ralph Lauren, qui réalisent jusqu'à 30 % de leur chiffre d'affaires en Europe, subiront une baisse de 15 à 20 % de leurs ventes en raison de l'effet de change.

Ce que les médias ne disent pas

La première information non évidente : la chute de l'euro à 1,1617 a déclenché des appels de marge sur des produits dérivés de change cachés que les fonds de pension européens avaient accumulés de manière agressive en 2024-2025. Selon une source à la Deutsche Börse, le volume des positions problématiques sur les collars et les options barrière sur EUR/USD atteint 340 milliards d'euros. Le problème est que les fonds européens, cherchant des rendements plus élevés à une époque de taux négatifs, ont massivement vendu des options de vente avec un strike de 1,18. Lorsque le taux est passé en dessous de ce niveau, ils ont été contraints soit de fermer les positions à perte, soit de fournir des garanties supplémentaires. Il n'y a pas de garanties — les fonds sont investis dans des actifs illiquides, y compris des projets d'infrastructure. Cela représente un risque systémique pour le système de retraite européen, potentiellement plus grave que la crise LDI britannique de 2022.

Le deuxième fait occulté : la chute de l'euro est une stratégie délibérée de l'administration Trump pour forcer l'UE à faire des concessions dans les négociations commerciales. La Maison-Blanche considère un euro faible comme un levier : les exportateurs européens gagnent un avantage sur le marché américain, mais les consommateurs européens s'appauvrissent en achetant de l'énergie libellée en dollars. Le 13 mai, lors d'une réunion avec les dirigeants du Congrès, Trump aurait déclaré : « Qu'ils paient pour leur agenda vert bureaucratique. » Le Trésor américain limite délibérément les lignes de swap, aggravant la pénurie de dollars en Europe, pour forcer Bruxelles à réduire les droits de douane sur les voitures et les produits agricoles américains.

Troisièmement : une fracture grandit au sein de la BCE. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, insiste sur une hausse d'urgence des taux de 50 points de base dès juin pour protéger l'euro, mais Lagarde bloque la décision, craignant une crise de la dette en Italie. L'écart entre les obligations italiennes et allemandes à 10 ans s'est déjà creusé à 240 points de base — un niveau auquel le service de la dette publique italienne de 2 900 milliards d'euros devient insoutenable.

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Prévisions : 30 jours et 90 jours à venir

30 jours (jusqu'au 18 juin 2026) :

La paire EUR/USD testera le niveau de 1,14 alors que les sorties de capitaux s'accélèrent. La BCE sera confrontée à un choix : soit augmenter les taux d'urgence à 3,0 % et déclencher une récession, soit laisser l'euro tomber à parité avec le dollar. Lagarde choisira un compromis — une hausse de 25 points de base avec une déclaration de « disposition à prendre d'autres mesures ». Mais cela ne suffira pas. Les spéculateurs menés par Citadel augmenteront leurs positions courtes sur l'euro à 22 milliards de dollars, pariant sur une nouvelle baisse. L'indice DXY atteindra 101,5 alors que les monnaies des marchés émergents suivent l'euro dans sa chute. Le prix de l'or en euros atteindra un record de 2 700 EUR l'once.

90 jours (jusqu'au 17 août 2026) :

D'ici la mi-août, l'euro pourrait atteindre la parité avec le dollar (1,00) si la crise iranienne n'est pas résolue. Cela déclencherait une crise existentielle dans la zone euro. Les banques italiennes, dont Intesa Sanpaolo et UniCredit, détenant 410 milliards d'euros d'obligations d'État dans leurs bilans, feraient face à un trou de capital allant jusqu'à 50 milliards d'euros. La BCE serait contrainte de lancer un nouveau programme d'assouplissement quantitatif, achetant des obligations italiennes et espagnoles pour 600 milliards d'euros, enterrant ainsi son mandat de stabilité des prix. L'Allemagne, en tant que principal créancier de la zone euro, bloquerait l'extension de l'assouplissement quantitatif via la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, déclenchant une crise politique entre Rome et Berlin. Pendant ce temps, le dollar commencera à s'affaiblir — non pas en raison de la force de l'euro, mais à cause de problèmes intérieurs : le déficit budgétaire américain atteindra 2 700 milliards de dollars, et le Trésor épuisera les mesures de financement extraordinaires. Le monde entrera dans une phase de dévaluation compétitive, où toutes les grandes monnaies baisseront simultanément, et les seuls bénéficiaires seront l'or et les cryptomonnaies.

— Editorial Team

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