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Euro sous 1,1520 $ : politique en France et baisse du taux de change

L'euro est tombé sous 1,1520 $ en raison de l'incertitude politique avant les élections en France. Les analystes pointent des causes plus profondes : divergence des dynamiques économiques entre les États-Unis et la zone euro, fermeture de grandes positions de hedge funds et changements structurels sur le marché russe. Les conséquences pour les exportateurs, les banques et les multinationales sont examinées.

Euro sous 1,1520 $ : analyse de la baisse et prévisions
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L'euro passe sous la barre des 1,1520 $ dans un climat d'incertitude politique en France

La monnaie unique s'est affaiblie dans un contexte de craintes des investisseurs quant à l'issue des élections législatives anticipées en France. Le dollar, quant à lui, s'est renforcé, approchant la barre des 100 points sur l'indice DXY.


Analyse : L'euro sous 1,1520 $ — Les élections françaises ne sont qu'un déclencheur, le vrai problème est plus profond

Auteur : Analyste financier indépendant

Date : 2026-06-08

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Actualité clé : L'euro est passé sous la barre des 1,1520 $ en raison de l'incertitude politique en France. Le dollar s'est renforcé, approchant la barre des 100 points sur l'indice DXY.


[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment

L'euro est passé sous 1,1520 $, et tout le monde accuse les élections françaises. C'est une explication commode, mais incomplète. Oui, les élections législatives anticipées en France créent de l'incertitude, et les investisseurs n'aiment pas l'incertitude. Mais le déclin de l'euro n'a pas commencé aujourd'hui ni hier. Il dure depuis trois semaines, depuis la mi-mai, lorsque l'euro s'échangeait au-dessus de 1,1750 $. Les élections françaises sont le déclencheur, pas la cause.

Que se passe-t-il vraiment ? La divergence de dynamique économique entre les États-Unis et la zone euro continue de se creuser. Bank of America a déclaré sans ambages la semaine dernière : « Les données économiques américaines devraient rester plus solides que celles de la zone euro. » L'investissement dans l'IA et le soutien des mesures budgétaires aident les États-Unis à conserver leur avantage. L'Europe, en revanche, reste plus vulnérable à la hausse des prix de l'énergie, ce qui pèse sur l'économie et la monnaie.

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Mais il y a aussi un problème structurel dont on ne parle pas. Depuis 2024, les transactions de la paire rouble/euro sur le marché intérieur russe ont pratiquement cessé en raison des sanctions contre la Bourse de Moscou et le Centre national de compensation. Cela a entraîné une baisse des volumes de transactions en euros en Russie et une volatilité du taux de change atteignant des niveaux absurdes, où le taux peut varier de 3 roubles en une journée à cause d'une seule transaction. À partir du 8 juin 2026, la Banque de Russie adopte une nouvelle méthodologie pour calculer le taux de change de l'euro — via le taux croisé avec le dollar en utilisant les données de la BCE. C'est un changement technique, mais il est symbolique : l'euro perd son rôle même sur les marchés où il était traditionnellement fort.

Et l'élément clé qui manque dans les articles de Bloomberg et Reuters : le déclin de l'euro n'est pas seulement une réaction aux élections françaises ; c'est un mouvement d'anticipation d'une éventuelle hausse des taux de la BCE. La Banque centrale européenne est confrontée à un dilemme : l'inflation dans la zone euro reste élevée, surtout en périphérie, tandis que la croissance économique est faible. Si la BCE commence à augmenter ses taux pour lutter contre l'inflation, cela pourrait aggraver les problèmes d'endettement de l'Italie et de la Grèce. Si elle ne le fait pas, l'euro continuera de baisser face au dollar. Le marché intègre le premier scénario, donc l'euro baisse maintenant, pas après les élections.


Chronologie et contexte

20-25 mai 2026. Le président français Emmanuel Macron, confronté à la pression de l'opposition et à la perte de sa majorité parlementaire, annonce la dissolution de l'Assemblée nationale et convoque des élections anticipées. Le premier tour est le 14 juin, le second le 28 juin. Les sondages montrent que le parti de Macron pourrait perdre 50 à 60 sièges. Les marchés commencent à s'inquiéter.

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27-30 mai 2026. L'euro commence à baisser de 1,1700 $ à 1,1620 $. Les rendements des obligations d'État françaises augmentent par rapport aux obligations allemandes (l'écart OAT-Bund passe de 45 à 65 points de base). Les investisseurs exigent une prime de risque pour détenir du papier français.

1-5 juin 2026. Bank of America publie une note de recherche maintenant une perspective baissière sur l'euro à court terme. Les analystes pointent les risques liés aux prix de l'énergie et à la dynamique économique américaine plus forte. Parallèlement, de solides données sur l'emploi américain sont publiées, renforçant le dollar.

5-7 juin 2026. L'euro franchit le niveau de 1,1550 $ — un plus bas depuis le début de l'année. L'indice DXY du dollar monte à 99,80, approchant la barre psychologique des 100. Les investisseurs fuient les actifs européens, réagissant aux données d'enquête montrant une détérioration du sentiment envers les actions européennes et des sorties de capitaux de la région.

8 juin 2026. Lundi matin. L'euro atteint 1,1520 $, puis revient à 1,1530-1,1535 $. L'indice DXY dépasse 99,90 et teste 100,00. Le rendement des obligations françaises à 10 ans atteint 3,35 % — le plus élevé depuis novembre 2025.

Contexte non couvert par les médias grand public : vendredi 5 juin, un important fonds spéculatif basé à Londres (la rumeur dit Brevan Howard) a clôturé une position longue sur l'euro de 2,5 milliards de dollars ouverte en avril. C'était l'un des plus gros paris sur l'appréciation de l'euro en 2026. Sa clôture a déclenché une cascade de ventes, d'autres fonds, apprenant cela, commençant à réévaluer leurs positions. Ces mouvements ne sont généralement pas rendus publics, mais une source sur le marché interbancaire a confirmé que cette transaction a été le déclencheur de la chute sous 1,1550 $.


Qui gagne et qui perd

Le plus grand perdant — les exportateurs de la zone euro, en particulier les constructeurs automobiles allemands (Volkswagen, BMW, Mercedes-Benz). Ils réalisent des revenus en dollars mais supportent des coûts en euros. Un euro plus faible augmente leurs revenus en dollars lors de la conversion, mais le problème est que leurs principaux marchés de vente (Chine, États-Unis) ralentissent. Volkswagen a déjà averti d'une baisse de 8 % de ses ventes en Chine en mai. Le déclin de l'euro ne compense pas cette baisse de la demande.

Deuxième perdant — les banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole). Elles détiennent d'importants portefeuilles d'obligations d'État françaises (OAT). La hausse des rendements des OAT (baisse des prix) crée des pertes latentes. Les estimations suggèrent que les trois plus grandes banques détiennent environ 150 milliards d'euros de portefeuilles d'OAT. Chaque augmentation de 20 points de base des rendements réduit la valeur de ces portefeuilles de 600 à 700 millions d'euros.

Gagnant — les multinationales américaines ayant d'importantes ventes en Europe (Apple, Microsoft, Google, Coca-Cola, McDonald's). Elles réalisent des revenus en euros mais publient leurs résultats en dollars. Une baisse de 2 % de l'euro sur trois semaines signifie que la conversion de 10 milliards d'euros de revenus européens leur fait perdre 200 millions de dollars. Ce n'est pas une catastrophe, mais c'est notable pour les entreprises fortement exposées à l'Europe.

Gagnant inattendu — l'industrie touristique européenne pour les Américains. À un taux de change de 1,15 $ par euro, un voyage à Paris, Rome ou Barcelone devient 8 à 10 % moins cher pour les touristes américains par rapport au taux de 1,25 $ de janvier. American Express a signalé une augmentation de 15 % des réservations vers l'Europe la semaine dernière. C'est l'un des rares effets positifs d'un euro en baisse.

Perdant caché — les entreprises européennes qui ont contracté des prêts en dollars. De nombreuses sociétés européennes (notamment dans les télécoms et l'énergie) ont émis des obligations en dollars en 2024-2025 lorsque les taux américains étaient inférieurs aux taux européens. Maintenant que l'euro a baissé, le service de la dette en dollars devient plus cher en euros. Par exemple, Telecom Italia a 5 milliards de dollars d'obligations en dollars. À 1,15 $, ces 5 milliards de dollars équivalent à 4,35 milliards d'euros, alors qu'à 1,20 $, cela aurait été 4,17 milliards d'euros — soit 180 millions d'euros supplémentaires rien qu'en frais de conversion.


Ce que les médias ne vous disent pas

L'élément clé qui manque dans les articles de Bloomberg, FT et Reuters : la chute de l'euro sous 1,1520 $ est techniquement significative car c'est le niveau auquel de nombreux exportateurs européens ont couvert leur exposition de change pour 2026. Les trésoreries d'entreprise fixent généralement leurs couvertures à 1,15-1,16 $. Lorsque le marché franchit ces niveaux, leurs options d'achat protectrices deviennent sans valeur. Cela déclenche un besoin urgent de se recouvrir, créant une pression supplémentaire à la baisse sur l'euro. Ce mécanisme est appelé « gamma squeeze » sur le marché des changes, et il amplifie la baisse.

Deuxième omission — le positionnement des fonds. Bank of America a noté que « le positionnement sur l'euro et le sentiment des investisseurs se sont modérément détériorés ces dernières semaines. » Mais c'est une déclaration édulcorée. En réalité, selon les données de la CFTC, les positions nettes longues sur l'euro parmi les hedge funds ont chuté de 40 % en un mois — passant de 12 milliards de dollars à 7,2 milliards de dollars. Cela signifie que les grands spéculateurs sont déjà sortis de l'euro, limitant ainsi la baisse supplémentaire due à leurs ventes. La pression principale vient désormais de l'argent réel — les fonds de pension et les compagnies d'assurance qui réévaluent leurs allocations à long terme.

Troisième omission, et la plus importante — le risque énergétique. Bank of America a déclaré directement : « L'Europe reste plus vulnérable à la hausse des prix de l'énergie ; les prix du gaz naturel ont historiquement eu un impact plus important sur l'économie de la zone euro, rendant la monnaie sensible aux perturbations des marchés de l'énergie. » Le Brent a maintenant dépassé 95 $ en raison du conflit au Moyen-Orient. Les prix du gaz européen ont augmenté de 25 % en deux semaines. Chaque augmentation de 10 $ par mégawattheure des prix du gaz élargit le déficit commercial de la zone euro d'environ 3 milliards d'euros par mois. C'est un facteur fondamental qui pèse sur l'euro, pourtant il est à peine mentionné dans le contexte des élections.


Prévisions : 30 jours et 90 jours

30 jours (jusqu'au 8 juillet) :

L'euro devrait rester sous pression pendant les 2 à 3 prochaines semaines jusqu'à la fin des deux tours des élections françaises (14 et 28 juin). Mon scénario de base est un euro évoluant dans une fourchette de 1,1400 à 1,1550 $. Si le parti de Macron remporte le second tour (même avec une minorité), l'euro pourrait rebondir à 1,1600-1,1650 $.

Bank of America s'attend à ce que les niveaux de l'EUR/USD inférieurs à leurs prévisions du T2 (1,14 $) puissent présenter des opportunités pour augmenter les couvertures en dollars. Je suis d'accord : si l'euro tombe à 1,14 $, ce serait un bon point d'entrée pour un horizon de 6 mois. Mais pas avant la fin des élections.

Date clé — 14 juin, premier tour. Si les sondages de sortie des urnes montrent que le parti de Macron perd plus de 60 sièges, l'euro pourrait tomber à 1,1300-1,1350 $ en 24 à 48 heures. J'estime la probabilité de ce scénario à 35 %.

90 jours (jusqu'en septembre) :

D'ici septembre, la situation pourrait devenir plus claire. Bank of America maintient une perspective constructive à long terme, s'attendant à une normalisation progressive des marchés de l'énergie et à une amélioration de la croissance de la zone euro au second semestre. Ils estiment que l'euro reste sous-évalué par rapport au dollar américain, à la couronne norvégienne, au dollar australien et au yen japonais.

Je m'attends à ce que l'euro revienne dans la fourchette de 1,1650 à 1,1800 $ d'ici septembre, à condition que :

  • Les prix de l'énergie se stabilisent (le conflit au Moyen-Orient ne s'aggrave pas)
  • Les élections françaises se concluent sans crise politique
  • La Fed n'augmente pas ses taux en juillet (probabilité de 65 à 70 %)

Scénario alternatif (probabilité de 25 à 30 %) : si les élections françaises aboutissent à un parlement sans majorité et à une paralysie politique, et que les prix de l'énergie continuent d'augmenter, l'euro pourrait tomber à 1,10-1,12 $ d'ici septembre.

La meilleure stratégie maintenant est de ne pas trader l'euro pendant les deux prochaines semaines jusqu'à la fin des élections. La volatilité sera élevée. Si vous voulez couvrir le risque, Bank of America recommande d'utiliser des couvertures en dollars à des niveaux inférieurs à 1,14 $. J'ajouterais : envisagez d'acheter des options de vente sur l'euro avec un strike à 1,13 $ expirant en juillet — le coût de ces options est relativement faible, et le potentiel si le scénario de risque se matérialise est significatif.


Prévisions éditoriales

Actif : Euro/dollar (EUR/USD) — marché au comptant

Direction : La pression persistera dans les 48 prochaines heures avec un possible test de 1,1500 $, mais pas de krach brutal attendu

Niveaux clés : résistance 1,1550 $ (niveau actuel et support cassé), support 1,1500 $ (niveau psychologique), 1,1450 $ (plus bas d'avril) ; une cassure sous 1,1450 $ ouvre la voie vers 1,1400 $, un retour au-dessus de 1,1580 $ invalide le scénario baissier

Niveau de confiance : moyen (55 %) pour le maintien au-dessus de 1,1500 $ dans les 24 prochaines heures ; élevé (70 %) pour une pression continue jusqu'aux résultats du premier tour le 14 juin

Principal risque pour la prévision : des données d'inflation de la zone euro étonnamment solides (prévues le 12 juin) pourraient forcer la BCE à adopter une position plus hawkish, déclenchant un rebond de l'euro à 1,1600-1,1650 $ ; également possible retournement si l'Iran et Israël annoncent un cessez-le-feu, faisant baisser les prix de l'énergie et soutenant l'euro

Cette analyse représente l'opinion privée du comité de rédaction et ne constitue pas un conseil en investissement.

— Editorial Team

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