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Poursuite de la Banque centrale de la Fédération de Russie devant la Cour de l'UE : analyse des actifs gelés et prévisions

La Banque de Russie a déposé une deuxième plainte devant la Cour de l'UE, contestant le règlement permettant le remboursement d'un prêt à l'Ukraine en utilisant les actifs russes gelés. Les avocats considèrent la plainte comme perdante d'avance, mais la Banque centrale prépare le terrain pour un grand échange : dégel partiel des actifs en échange de la levée des restrictions pour les investisseurs européens. L'article contient une chronologie des événements, une analyse des avantages cachés et une prévision de rendement pour les euro-obligations Russie 2043.

Poursuite de la Banque centrale devant la Cour de l'UE : théâtre de l'absurde ou préparation d'un échange ?
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La Banque centrale de Russie dépose un recours devant la justice européenne contre le remboursement de la dette ukrainienne via les avoirs russes gelés

La Banque de Russie a saisi la Cour de justice de l'UE pour faire déclarer illégal l'acte permettant à l'Ukraine de rembourser un prêt européen avec les avoirs russes gelés.


« Recours de la BCR devant la justice européenne : théâtre de l'absurde ou préparation d'un grand échange ? »

« L'Essentiel » : Ce qui se passe vraiment

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Formellement, le 22 mai 2026, la Banque de Russie a déposé un recours devant le Tribunal de l'UE à Luxembourg contre le règlement n° 2026/467 du Parlement européen du 24 février 2026. La contestation porte sur le mécanisme permettant de rembourser un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine en utilisant les avoirs russes gelés. Cela ressemble à un acte de désespoir ? Pas tout à fait.

Un constat non évident : il s'agit déjà du deuxième recours de la BCR devant une juridiction européenne en deux mois. Le premier, déposé en mars, contestait le gel indéfini des avoirs en vertu du règlement du Conseil de l'UE de décembre 2025. Ce recours a été qualifié de « voué à l'échec » par les avocats, et il n'a pas encore été examiné. Aujourd'hui, la BCR tente un deuxième round. Pourquoi ? La réponse réside dans un processus parallèle : le 15 mai 2026, le tribunal arbitral de Moscou a donné gain de cause à la BCR dans son action contre Euroclear pour 200 milliards d'euros. La décision est rendue, mais elle ne peut être exécutée en Europe. Il s'agit d'une préparation en vue d'un futur échange.

Chronologie et contexte

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Les dates clés que les médias passent sous silence :

  • Décembre 2025 — Le Conseil de l'UE décide de geler indéfiniment les avoirs souverains russes. La BCR dépose son premier recours en mars 2026.
  • 24 février 2026 — Adoption du règlement n° 2026/467, créant un mécanisme pour un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine avec une « garantie » sur les futures réparations.
  • 15 mai 2026 — Le tribunal arbitral de Moscou accorde 200 milliards d'euros à la BCR contre Euroclear.
  • 22 mai 2026 — La BCR dépose un deuxième recours à Luxembourg, contestant spécifiquement le règlement de février.
  • Fin mars 2026 — 200 milliards d'euros d'avoirs russes sont gelés chez Euroclear.

Au total, l'Occident a gelé environ 590 milliards de dollars appartenant à la Russie et à d'autres pays, a déclaré Choïgou le 14 mai.

Qui gagne et qui perd

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Perdants directs aujourd'hui — les détenteurs de positions longues sur les euro-obligations russes. La nouvelle du recours n'a pas sauvé les cotations : le rendement de l'obligation Russie 2043 (ISIN XS0194085566) sur le marché de gré à gré le 25 mai a encore augmenté de 50 points de base, atteignant 24,3 %. Le marché comprend que la bataille juridique va durer des années.

Gagnants cachés — les cabinets d'avocats. Le recours de la BCR est déposé en vertu de l'article 263 du traité sur le fonctionnement de l'UE. L'examen d'une telle affaire à Luxembourg prend en moyenne 18 mois rien que pour les questions de procédure. La facture des services juridiques pour la BCR a déjà dépassé 15 millions de dollars — de l'argent que les avocats européens recevront de ces mêmes avoirs gelés. Ironie du sort.

Euroclear gagne aussi à court terme. Le tribunal de Moscou a accordé 200 milliards d'euros contre elle, mais cette décision ne peut être exécutée. Le dépositaire belge a publiquement qualifié la décision d'« injuste » et continue tranquillement de transférer les revenus des avoirs gelés à Kiev. Au premier trimestre 2026, les revenus d'intérêts se sont élevés à 1,1 milliard d'euros. C'est de l'argent qui part réellement.

Ce que les médias ne disent pas

Le principal fait non dit : le tribunal de Luxembourg déclarera très probablement le recours de la BCR irrecevable à un stade précoce. Il existe déjà un précédent — les précédents recours russes contre les sanctions de l'UE ont été rejetés pour des raisons de procédure parce que la Russie n'est pas membre de l'UE. La BCR le comprend parfaitement. Donc, le recours n'est pas une tentative de gagner ; c'est une sécurisation de position pour les négociations.

Deuxième point : parallèlement au recours à Luxembourg, la BCR prépare le terrain pour la reconnaissance des décisions de justice russes au niveau international via les mécanismes du TBI (traité bilatéral d'investissement entre l'URSS et la Belgique/Luxembourg de 1989). Le Premier ministre belge Bart De Wever a publiquement reconnu que ce traité crée des « risques financiers » pour son pays. C'est cette fissure que la BCR élargit maintenant.

Troisièmement : les 200 milliards d'euros chez Euroclear ne représentent que les avoirs souverains de la BCR. Dans des dépositaires comme Clearstream et d'autres hubs européens, des dizaines de milliards d'avoirs d'investisseurs privés russes sont également détenus. Ils ne sont formellement pas protégés par l'immunité. Leur sort est la ligne la plus discrète et la plus douloureuse, que l'on étouffe.

Prévisions : les 30 et 90 prochains jours

30 jours. Le tribunal de Luxembourg rendra une décision sur la recevabilité du recours en juin. La probabilité d'acceptation pour examen est inférieure à 10 %. Cela déclenchera une vague de « sell on the news » sur les euro-obligations russes. Le rendement de l'obligation Russie 2043 pourrait dépasser 27 %. Parallèlement, Euroclear continuera de transférer les revenus à l'Ukraine — la prochaine tranche est attendue fin juin, environ 350 millions d'euros. En mesure de rétorsion, la BCR élargira la liste des dépositaires européens sanctionnés qui ne peuvent pas retirer de fonds des avoirs russes (en référence aux comptes bloqués de type « C »).

90 jours. D'ici septembre, la trajectoire du grand échange deviendra claire. Le modèle discuté en coulisses : la Russie lève l'interdiction de sortie de capitaux pour les investisseurs européens (actuellement, environ 25 milliards d'euros de leurs avoirs sont gelés dans des comptes de type « C ») en échange du dégel de 50 à 60 milliards d'euros d'avoirs souverains russes. Les 140 à 150 milliards d'euros restants resteront en garantie du prêt à l'Ukraine — et seront effectivement radiés. C'est un aveu officieux de perte. Mais personne ne le dira publiquement.


Prévision éditoriale

Actif : Euro-obligations russes (Russie-2043, ISIN XS0194085566).

Direction : Baisse modérée dans les 24 à 72 heures suivant la publication des décisions du tribunal sur la recevabilité du recours.

Niveaux clés : Le rendement actuel de 24,3 % pourrait monter à 25,5–26 % en cas de traitement négatif. Objectif de cours — 42–44 dollars pour 100 dollars de valeur nominale.

Niveau de confiance : Moyen (45 % pour la baisse, 30 % pour la stagnation, 25 % pour un léger rebond si la publication de la décision est retardée).

Risque principal : Une déclaration soudaine de la Commission européenne sur sa disposition à négocier un dégel partiel — dans ce cas, le rendement pourrait chuter à 21 % en une journée, invalidant complètement la prévision baissière.

— Editorial Team

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