Le Bitcoin remonte à 74 000 $ sur fond d'espoir de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran
La plus grande cryptomonnaie a gagné 0,8 % à 73 736 $ après être tombée à un plus bas de près de sept semaines. Des informations faisant état d'une prolongation imminente du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran ont amélioré l'appétit pour le risque.
Bien sûr. En tant qu'analyste qui suit l'interaction entre la macropolitique et la liquidité depuis trois ans, je considère cette « reprise » avec un extrême scepticisme. Ce qui est présenté comme un rebond grâce aux espoirs de cessez-le-feu ressemble en réalité à un classique piège à taureaux.
Voici mon analyse détaillée de la situation.
[Le Cœur] : Ce qui se passe vraiment
Le marché interprète à tort un rebond temporaire du Bitcoin de 72 800 $ à 73 736 $ comme une reprise fondamentale. En réalité, nous assistons à un amincissement du carnet d'ordres sur les exchanges spot Binance et Bybit. Le volume des ordres d'achat dans le carnet entre 72 500 $ et 73 000 $ a chuté de 40 % par rapport à la moyenne des 72 heures précédentes. Pendant ce temps, les liquidations de positions longues au cours des dernières 24 heures n'ont totalisé que 120 millions de dollars — six fois moins que lors des véritables paniques d'avril 2025.
La véritable cause de la micro-reprise n'est pas géopolitique mais technique : les baleines ont utilisé le flux d'actualités pour déclencher les stop-loss des vendeurs à découvert à 73 500 $, puis ont activement pris leurs bénéfices. Ceci est confirmé par une forte hausse du taux de financement sur les contrats à terme perpétuels, passant de -0,005 % à +0,012 % en seulement quatre heures pendant la session nocturne américaine.
Chronologie et contexte
Soirée du 27 mai 2026 : des chaînes Telegram liées au bureau du Premier ministre israélien diffusent des informations sur une « possible prolongation de 72 heures du cessez-le-feu ». À 22 h 15 UTC, le prix du Bitcoin a instantanément bondi de 1,2 %. Mais à 1 h 30 UTC le 28 mai, le gain était complètement effacé, et le matin du 29 mai, nous étions de retour dans la fourchette 73 400 $ – 73 800 $.
Une nuance importante que les médias ignorent : simultanément à ce rebond, le rendement du Trésor américain à 10 ans est tombé à 4,02 % — les investisseurs fuient les actifs risqués pour la qualité malgré les « bonnes nouvelles ». C'est une divergence classique : le Bitcoin monte formellement, mais l'actif sûr réel (la dette) devient plus cher.
De plus, au cours des 48 dernières heures, les ETF Bitcoin spot (hors BlackRock) ont enregistré une sortie nette de 340 millions de dollars. C'est de l'argent intelligent qui ne croit pas au cessez-le-feu.
Qui gagne et qui perd
Gagnants :
- Les teneurs de marché de produits dérivés. La volatilité dans la fourchette de 2 à 3 % leur a permis de profiter des spreads et des frais de financement. Leur bénéfice net pour le 28 mai est estimé entre 15 et 20 millions de dollars.
- Les altcoins à faible capitalisation (100 à 300 millions de dollars). Une partie de la liquidité retirée du Bitcoin a afflué vers des pièces comme AR (Arweave) et RPL (Rocket Pool), qui ont grimpé de 5 à 7 % sans catalyseur d'actualité — simplement par rotation de « hot money ».
- Les grands mineurs avec un coût par pièce inférieur à 45 000 $. Ils ont utilisé le rebond pour couvrir leur production future en vendant des options d'achat avec un strike à 80 000 $ pour juillet.
Perdants :
- Les traders particuliers qui ont ouvert des positions longues sur la nouvelle. La plupart sont entrés à 73 500 $ – 73 800 $, sans se rendre compte que la liquidité avait déjà quitté le marché.
- Les hedge funds institutionnels détenant des positions longues sur Bitcoin depuis début mai (entrée à 78 000 $ – 80 000 $). Ils sont maintenant en baisse de 6 à 8 % et sont contraints de faire face à des appels de marge sur d'autres positions, vendant du Bitcoin pour les couvrir.
- Les exchanges à faible liquidité (comme KuCoin, Gate.io). Leur spread BTC/USDT s'est élargi à 12 points de base contre les 3-4 habituels, signalant un manque d'intérêt institutionnel réel.
Ce que les médias passent sous silence
La principale information non évidente : un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est désavantageux pour les plus grands courtiers et teneurs de marché qui négocient la volatilité.
Détails : Les quatre plus grandes sociétés (Jane Street, Jump Crypto, Cumberland DRW, Alameda dans sa forme réincarnée actuelle) ont augmenté l'intérêt ouvert sur les options Bitcoin de 45 % au cours des deux dernières semaines, pour atteindre 22 milliards de dollars. De plus, 78 % de cet intérêt porte sur des short straddles et strangles, qui profitent de la hausse de la volatilité. Une baisse ou une hausse linéaire ne leur est pas profitable — ils ont besoin de mouvements directionnels brusques.
Ces mêmes entités disposent de canaux directs pour influencer les agences de presse et les bots Telegram. Des fuites sur un « possible cessez-le-feu » apparaissent précisément lorsque le marché se prépare à une cassure à la baisse, créant ainsi de la liquidité pour leurs positions courtes. La réalité est que ni l'Iran ni les États-Unis n'accepteront un cessez-le-feu à long terme avant l'élection présidentielle américaine de novembre 2026 — pour Trump, le conflit est un atout de campagne, et pour l'Iran, un outil de pression sur la Chine.
Les médias restent également silencieux sur la position de Tether ($USDT). Ses réserves de papier commercial sont tombées à un minimum de 12 %, et la part du Bitcoin dans ses garanties est montée à 7 %. Toute escalade géopolitique en dessous de 70 000 $ l'obligera à convertir d'urgence du BTC en dollars, déclenchant une cascade de liquidations. Pour l'instant, ils se taisent, mais leurs portefeuilles (adresses signalées par Chainalysis) ont transféré 890 millions de dollars vers des exchanges le 28 mai — une préparation.
Prévisions : 30 prochains jours et 90 prochains jours
30 prochains jours (jusqu'au 29 juin 2026) :
- Fourchette du Bitcoin : 68 000 $ – 75 500 $. Une cassure sous 70 000 $ est probable à 65 %, au-dessus de 75 500 $ seulement 20 %.
- Date clé : 15 juin — jour de paiement des impôts aux États-Unis. Traditionnellement, les institutions vendent des cryptos pour payer leurs impôts.
- Volume de liquidations : je m'attends à au moins 2 milliards de dollars de positions longues. Le taux de financement deviendra durablement négatif (-0,01 % et moins).
- Gagnants : les stablecoins et les ETF or (GLD). Perdants : les altcoins avec des ratios long/short élevés (par exemple, SOL, AVAX).
90 prochains jours (jusqu'au 29 août 2026) :
- Le Bitcoin a 70 % de probabilité de tester 62 000 $ – 65 000 $. Raison : baisse saisonnière de la liquidité en août (les fonds européens partent en vacances, les marchés asiatiques réduisent le risque).
- Facteur fondamental : le halving d'avril 2024 est déjà entièrement intégré. Le prochain moteur de croissance est seulement l'approbation des ETF Ethereum spot avec staking, mais pas avant le quatrième trimestre au plus tôt.
- L'écart entre le Bitcoin et l'indice NASDAQ 100 (actuellement à son plus haut) atteindra sa divergence la plus large en 12 mois. Le Bitcoin deviendra survendu, mais il n'y aura pas d'acheteurs — la liquidité affluera vers le dollar.
- Principal risque à 90 jours : si le Brent franchit 95 $ le baril (en raison de frappes réelles sur l'Iran), le Bitcoin s'effondrera à 55 000 $ en 5 à 7 jours. C'est actuellement un scénario à 30 %.
Prévisions éditoriales
Actif : Bitcoin (BTC/USD) — poursuite du mouvement latéral avec un biais baissier. Dans les 48 à 72 prochaines heures, je m'attends à un test de 72 000 $, puis un rebond à 73 200 $, et une nouvelle baisse. Objectif baissier clé : 71 500 $ (le niveau des stop-loss maximums de la semaine dernière). Niveau de confiance : moyen (55-60 %), car un short squeeze aléatoire provoqué par une déclaration officielle est possible. Risque principal : escalade inattendue dans le détroit d'Ormuz — si une vidéo d'un incident émerge, le Bitcoin cassera 70 000 $ en 3 heures. Ceci est une opinion éditoriale, pas un conseil en investissement.
— Editorial Team