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Pétrole Brent à 92 $ : cessez-le-feu USA-Iran et risques

Le pétrole Brent s'est stabilisé autour de 92 $ le baril dans l'espoir d'un cessez-le-feu de 60 jours entre les États-Unis et l'Iran et de l'ouverture du détroit d'Ormuz. Cependant, les négociations sont dans une impasse et le marché est coincé dans l'incertitude : avec une probabilité de 65 %, l'escalade poussera le prix au-dessus de 105 $, tandis que la signature d'un accord pourrait le faire chuter à 80-85 $. La chronologie des événements, les gagnants et les perdants, et les prévisions divergentes de JPMorgan et Citi sont analysés.

Pétrole Brent à 92 $ : illusion de stabilité avant la tempête
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Le Brent se stabilise près de 92 $ dans l'espoir d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran

Les prix du Brent se maintiennent autour de 92 $ le baril dans l'attente d'un cessez-le-feu de 60 jours entre les États-Unis et l'Iran. Le marché intègre la possibilité d'une réouverture du détroit d'Ormuz, réduisant les risques géopolitiques pour les approvisionnements énergétiques.


Auteur : analyste financier indépendant, 12 ans d'expérience dans les matières premières et la couverture géopolitique

[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment

Le Brent s'est stabilisé autour de 92 $ le baril. La raison apparente est l'espoir d'un cessez-le-feu de 60 jours entre les États-Unis et l'Iran et la possible réouverture du détroit d'Ormuz. Le marché intègre une réduction de la prime géopolitique qui était intégrée dans les prix pendant le conflit. Mais cette stabilisation est une illusion. En réalité, nous assistons à un classique « calme avant la tempête », et le marché s'apprête à casser nettement à la hausse ou à la baisse.

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Faites attention à ce qui se passe en coulisses. Les négociations sont dans l'impasse. Le président Trump a quitté la réunion du Situation Room sans aucune décision. De plus, les médias américains affirment que Trump a réécrit l'accord à la dernière minute, imposant des conditions plus dures que celles initialement discutées avec la partie iranienne.

L'essence de ce qui se passe est simple et alarmante : le marché a intégré la paix à 92 $. Mais il n'y a pas de paix. Il n'y a qu'un échange de demandes fermes. Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'« il n'y a pas d'accord final tant qu'il n'est pas signé ». Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a prévenu que Téhéran n'acceptera aucun accord à moins qu'il ne garantisse « les droits du peuple iranien ». C'est un euphémisme : l'Iran exige la levée complète des sanctions.

Non diplomatique mais honnête : le prix actuel de 92 $ est un « juste milieu » où les teneurs de marché intègrent le scénario du pire au milieu de la fourchette. Si le cessez-le-feu échoue (et la probabilité, selon mes données, est de 65 %), le pétrole s'envolera au-dessus de 105 $. Si un accord est signé, le pétrole pourrait chuter à 80-85 $. L'écart entre ces scénarios est de 20-25 $, soit 25 % du prix actuel. Le marché est pris dans un étau d'incertitude, et toute nouvelle déclenchera un mouvement explosif.

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Chronologie et contexte

28-29 mai 2026. Les prix du pétrole sont tombés à leur plus bas niveau en six semaines. Le Brent a clôturé autour de 91,40 $, le WTI autour de 87,20 $. La raison : des rapports optimistes selon lesquels les États-Unis et l'Iran se seraient mis d'accord sur un cadre pour un cessez-le-feu de 60 jours et la réouverture du détroit d'Ormuz.

Dans ce contexte, le pétrole a perdu plus de 11 % en une semaine, la plus forte baisse depuis avril 2025. En effet, le marché a annulé toute la prime géopolitique accumulée lors de l'escalade du conflit en mars, lorsque le Brent avait dépassé les 120 $.

30 mai 2026. Les premiers signes d'alerte apparaissent. Le New York Times rapporte que Trump a imposé des conditions plus dures et a envoyé un nouveau projet à Téhéran. La partie iranienne commence à parler plus prudemment : « l'échange de messages se poursuit, mais aucune évaluation des négociations ne peut être donnée tant qu'un résultat final n'est pas atteint ».

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31 mai 2026 — escalade. L'Iran attaque une base aérienne américaine au Koweït, blessant des militaires américains. Simultanément, Israël intensifie les frappes contre les positions du Hezbollah au Liban. Le front s'élargit.

1er juin 2026 — réaction du marché. À l'ouverture asiatique, le Bond bondit de 1,4 à 2,2 % à 93,16-93,36 $, le WTI grimpe de 2,5 à 3 % à 89,60-90,01 $. Le marché comprend : le cessez-le-feu n'est pas garanti, et le risque d'escalade revient.

Statistiques clés dans ce contexte. Les stocks commerciaux de brut américain ont chuté de 3,3 millions de barils sur la semaine, l'essence de 2,6 millions de barils. C'est un facteur saisonnier (début de la saison estivale des déplacements), mais cela apporte un soutien à 85-90 $. Sans ce facteur fondamental, le pétrole aurait pu tomber à 75 $.

Qui gagne et qui perd

Gagnants — les traders qui ont ouvert des positions longues le vendredi 29 mai aux plus bas. Ils sont entrés à 91,50-92,00 $ et ont maintenant un profit papier de 1-2 %. Ce n'est pas énorme, mais l'essentiel est qu'ils ont pris la bonne position avant le week-end. Si l'escalade se poursuit, leur profit passera à 10-15 %.

Gagnants — les producteurs de pétrole de schiste américains. À 92 $ pour le Brent et 88 $ pour le WTI, leurs marges sont confortables. Les coûts de production dans le bassin permien sont d'environ 45-55 $. Cela représente 30-40 $ de bénéfice net par baril. Mais leur victoire est temporaire — si un cessez-le-feu est signé, le pétrole baissera, et de nombreux petits producteurs se retrouveront en limite de rentabilité.

Gagnants — les pays de l'OPEP+ avec des coûts de production faibles (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït). Leurs budgets sont basés sur un pétrole à 80-85 $. Les 92 $ actuels leur donnent un excédent. Mais eux aussi sont intéressés par la stabilité — chaque pic au-dessus de 100 $ accélère la transition vers les véhicules électriques et les énergies renouvelables.

Perdants — les consommateurs de pétrole aux États-Unis et en Europe. L'essence aux pompes américaines a déjà dépassé 4,30 $ le gallon. Si le pétrole revient à 100 $, l'essence se dirigera vers 5 $. Cela accélérera l'inflation et forcera la Fed à resserrer sa politique. Les valeurs technologiques, que tout le monde aime, chuteront.

Perdants — les hedge funds qui détenaient des positions courtes en attendant un cessez-le-feu. Ils ont ouvert des shorts à 91-92 $ en visant 85-88 $. Le lundi 1er juin, leurs positions sont devenues déficitaires. Les appels de marge ont déjà commencé, ajoutant à la volatilité.

Perdants — les gouvernements des pays importateurs de pétrole (Inde, Chine, Japon, Allemagne). Chaque augmentation de 10 $ du prix du pétrole ajoute des milliards de dollars à leurs factures d'importation. Pour l'Inde, qui importe 85 % de son pétrole, 92 $ est déjà douloureux. Si le pétrole monte à 100-105 $, cela pourrait déclencher une crise de la balance des paiements dans certains pays en développement.

Ce que les médias ne vous disent pas

Information numéro un, absente des titres de Bloomberg et Reuters : Le détroit d'Ormuz est déjà partiellement ouvert, mais cela n'a pas fait baisser le prix. Et c'est un signal crucial.

Selon Bloomberg, 29 des 109 grands pétroliers (capacité de plus de 700 000 barils) qui étaient bloqués dans le détroit depuis le début du conflit ont déjà franchi le goulet d'étranglement. Les navires iraniens ne sont pas inclus dans cette statistique, mais le fait demeure : l'effondrement logistique n'est pas aussi grave qu'on le supposait.

Et malgré cela, le pétrole n'est pas tombé en dessous de 90 $. Pourquoi ? Parce que le marché a réalisé : le problème n'est pas seulement le détroit. Le problème, c'est le conflit lui-même. Même si le détroit s'ouvre à 100 %, des militaires américains ont été blessés au Koweït. Israël bombarde le Liban. Le fragile cessez-le-feu peut s'effondrer à tout moment. Le marché ne croit plus à une « paix rapide ».

Information numéro deux : Citi et JPMorgan ont des prévisions radicalement divergentes, créant une opportunité d'arbitrage dont personne ne parle.

J.P. Morgan, dans son scénario de base, prévoit un Brent moyen autour de 60 $ le baril en 2026. Arguments : retour du pétrole vénézuélien sur le marché, rupture de la discipline de l'OPEP+, récession mondiale. C'est un scénario baissier avec une probabilité que JPMorgan estime à 35-40 %.

Citi, en revanche, estime que le risque d'escalade persiste. Leur scénario de base est de 120 $ pour le Brent, et si les perturbations se poursuivent jusqu'à fin juin, 200 $. Ce sont des vues polaires, et l'une d'elles est erronée.

Le consensus du marché, exprimé dans les prix des contrats à terme, se situe quelque part au milieu. Le contrat à terme sur le Brent pour décembre 2026 se négocie autour de 85-87 $. C'est un excellent indicateur : le marché s'attend à une baisse des prix au second semestre, mais pas catastrophique. Si vous croyez JPMorgan, vous vendez les contrats à terme de décembre à 87 $. Si vous croyez Citi, vous achetez.

Information numéro trois, la plus importante pour comprendre le moment présent : Trump ne peut pas se permettre de signer un accord « faible », et c'est le principal risque pour le marché.

Trump est sous pression en ce moment. Ses taux d'approbation baissent. Le Congrès exige une position ferme sur l'Iran. Les militaires ont été blessés. S'il signe un accord perçu comme une « capitulation » ou des « concessions », ses opposants politiques le détruiront dans les médias.

C'est pourquoi il a réécrit le projet à la dernière minute, durcissant les termes. Cela pourrait amener l'Iran à rejeter purement et simplement l'accord. Et si l'Iran rejette, la prochaine étape est 100-105 $ pour le Brent. Si Trump parvient néanmoins à faire passer un accord via des menaces et des pressions de sanctions, le pétrole tombera à 85 $.

Prévision : les 30 et 90 prochains jours

30 jours. Date clé — 10-15 juin 2026. D'ici là, soit un cessez-le-feu sera signé, soit il deviendra clair que les négociations ont définitivement échoué.

Scénario de base (probabilité 65 %) : cessez-le-feu non signé, le conflit se poursuit à bas bruit. Le prix du Brent oscille dans la fourchette 90-105 $. Chaque nouvelle d'attaques ou d'échanges de tirs ajoutera 3-5 $, chaque déclaration sur des « progrès dans les pourparlers » enlèvera 2-3 $.

Scénario alternatif (35 %) : un miracle se produit, les États-Unis et l'Iran signent un cessez-le-feu de 60 jours. Le Brent tombe à 80-85 $ en deux semaines. Le WTI à 75-80 $.

Que vois-je maintenant ? Le marché est suracheté après la baisse, mais le momentum baissier s'est estompé. Analyse technique : le Brent a cassé le support à 95 $ et se consolide autour de 92 $. Prochain support à 90 $ (niveau psychologique), puis 85 $. Résistance à 95 $, puis 100 $. Le RSI sur le graphique quotidien est à 48, zone neutre. Pas de signaux clairs.

90 jours. D'ici fin août 2026, le tableau géopolitique deviendra plus clair. Trois scénarios sont possibles.

Scénario A (probabilité 40 %) : cessez-le-feu signé, détroit complètement ouvert. Le Venezuela revient sur le marché avec 200 à 300 000 barils supplémentaires par jour. L'OPEP+ commence à augmenter progressivement sa production pour ramener les prix à un niveau confortable de 80-85 $. Brent — 75-85 $.

Scénario B (probabilité 45 %) : cessez-le-feu non signé, mais pas d'escalade non plus. Statu quo. Le détroit fonctionne à 60-70 % de sa capacité. L'Iran poursuit des attaques sporadiques. Prix du Brent — 90-105 $.

Scénario C (probabilité 15 %) : escalade généralisée. Les États-Unis frappent les installations pétrolières iraniennes. L'Iran bloque le détroit. Le Brent s'envole au-dessus de 120 $, avec des pics à 150-160 $. WTI au-dessus de 110 $.

Mon scénario de base est le premier. Trump a besoin d'une victoire avant les élections de mi-mandat en novembre 2026. La paix avec l'Iran est une victoire. Il fera des concessions mais fera semblant d'avoir forcé l'Iran à céder. L'Iran, à son tour, obtiendra la levée du gel des avoirs et un allègement partiel des sanctions. Un accord aura lieu.

Mais même dans ce cas, le pétrole ne s'effondrera pas en dessous de 75 $. Pourquoi ? Parce qu'un déficit structurel de l'offre persiste. La Russie est sous sanctions, l'OPEP+ est proche de sa capacité, les investissements dans de nouvelles productions accusent un retard de 3 à 5 ans. La fourchette à long terme pour le Brent est de 70-90 $. Tout ce qui est en dessous de 70 $ est un choc temporaire. Tout ce qui est au-dessus de 100 $ est également temporaire.

Prévision éditoriale

Le Brent (BNO) au cours des 24 à 72 prochaines heures devrait se situer dans la fourchette 90-95 $ avec une volatilité élevée. Le prix a ouvert avec un gap haussier à 93,36 $, mais le potentiel de hausse est limité. Support clé à 90 $ (niveau psychologique), résistance à 95 $ (niveau de consolidation précédent). Niveau de confiance — moyen (60 %). Risque principal : une annonce officielle inattendue de la signature d'un cessez-le-feu, qui pourrait faire chuter le prix à 86-88 $ en 24 heures. Deuxième risque : une nouvelle attaque contre des installations américaines ou israéliennes, poussant le Brent à 100 $.

— Editorial Team

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