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Les Gardiens de la Révolution menacent les bases américaines : nouvel ordre mondial

Le commandant des Gardiens de la Révolution, le général Salami, a annoncé son intention de désactiver les bases militaires américaines dans le golfe Persique et d'établir un nouvel ordre mondial. L'Iran menace un blocus complet du détroit d'Ormuz, ce qui a déjà fait chuter les marchés boursiers et fait monter en flèche les prix du pétrole. L'article analyse le potentiel militaire des parties, les conséquences économiques et les scénarios possibles.

Les Gardiens de la Révolution menacent d'anéantir les bases américaines et promettent un nouvel ordre mondial
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Les Gardiens de la Révolution menacent d'effacer les bases militaires américaines de la surface de la Terre et promettent un nouvel ordre mondial

Des responsables militaires iraniens ont annoncé un blocus total du détroit d'Ormuz et promis de « désactiver » prochainement toutes les bases américaines dans le sud du golfe Persique. Téhéran déclare ouvertement son intention de créer un nouvel ordre mondial.


Le général Hossein Salami s'est avancé à la tribune à Téhéran et a prononcé une phrase que les agences de presse mondiales ont diffusée en quatre minutes : « Nous désactiverons toutes les bases américaines dans le sud du golfe Persique et construirons un nouvel ordre mondial. » Le commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique n'a laissé aucune place à l'interprétation — les Gardiens de la Révolution ont annoncé un blocus total du détroit d'Ormuz et juré d'éliminer la présence militaire américaine dans la région.

Ce n'est pas la rhétorique d'un sermon du vendredi. C'est une déclaration politique d'un homme qui commande 190 000 soldats, contrôle le programme nucléaire iranien et gère une économie souterraine valant des centaines de milliards de dollars. Une heure après son discours, le Brent a franchi les 118 dollars. Le marché a compris : Téhéran ne négocie plus — il dicte ses conditions.

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Cinq bases, une menace

Salami a nommé des cibles précises. La base aérienne d'Al Udeid au Qatar — la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient, avec 11 000 soldats et le quartier général du CENTCOM. La base navale de Bahreïn — quartier général de la Cinquième Flotte américaine, qui patrouille dans le golfe Persique depuis 1949. La base aérienne d'Al Dhafra aux Émirats arabes unis, celle dont les radars ont manqué un drone au-dessus de la centrale nucléaire de Barakah il y a deux semaines. La base aérienne d'Ali Al Salem au Koweït. Et le camp Arifjan, également au Koweït.

Ces cinq installations se trouvent à 300–700 kilomètres des côtes iraniennes. Pour un missile balistique à portée intermédiaire — cinq à sept minutes de vol. Pour un missile de croisière — quinze minutes. Pour un essaim de drones Shahed — quarante minutes à une heure.

Selon l'IISS, l'arsenal iranien comprend au moins 3 000 missiles balistiques de différentes classes et environ 10 000 drones d'attaque. Le chiffre est imprécis — les Gardiens de la Révolution ne publient pas d'inventaire. Mais les analystes du RUSI à Londres estiment la capacité de l'Iran à un tir de salve massif à 500–700 missiles simultanément. Les systèmes de défense aérienne dont disposent les États-Unis et leurs alliés dans la région peuvent intercepter au mieux 60 % d'une telle salve. Les 40 % restants atteignent leurs cibles.

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D'où vient le « nouvel ordre mondial » ?

Le choix des mots n'est pas un hasard. « Nouvel ordre mondial » est un terme que le guide suprême iranien Ali Khamenei a introduit en 2023 lors d'un discours aux commandants des Gardiens de la Révolution. À l'époque, cela ressemblait à une abstraction idéologique. Aujourd'hui, Téhéran lui donne un contenu militaire.

Le concept est simple et radical : l'ère de l'hégémonie américaine est révolue. Le monde devient multipolaire. Le bloc occidental perd le contrôle des flux de ressources. L'Iran, qui contrôle le détroit d'Ormuz, devient non pas une puissance régionale mais un acteur mondial capable de faire s'effondrer à lui seul l'économie mondiale.

Téhéran dispose en effet d'un levier économique. Par le détroit d'Ormuz transitent 21 millions de barils de pétrole par jour — 20 % de la consommation mondiale. Et 110 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié — un tiers du marché mondial du GNL. Bloquer complètement le détroit signifie plonger l'économie mondiale en récession en deux semaines.

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La Chine, plus gros acheteur de pétrole iranien, n'intervient pas. Pékin constitue ses réserves stratégiques en achetant du pétrole iranien via une flotte fantôme avec une remise de 8 à 10 % par rapport au Brent. La Russie se tait également — Moscou profite de la hausse des prix de l'énergie. L'Occident se retrouve seul face au problème.

La diplomatie en ruines

Les pourparlers de Genève, lancés avec tant de difficulté en mars, sont effectivement morts. L'envoyé spécial américain pour l'Iran, Robert Malley, a mené trois cycles de consultations avec le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Ali Bagheri Kani. Résultat : zéro. L'Iran a exigé la levée de toutes les sanctions avant de discuter du programme nucléaire. Les États-Unis ont insisté sur le retrait immédiat de 400 kilogrammes d'uranium enrichi. Aucun compromis n'est en vue, même en théorie.

Téhéran utilise une tactique classique : monter la tension jusqu'au point de rupture pour forcer l'adversaire à faire des concessions. En 2015, cela a fonctionné — l'accord nucléaire JCPOA est né précisément après que l'Iran a amené le monde au bord de la confrontation militaire. Mais le contexte est différent aujourd'hui. À la Maison-Blanche se trouve Donald Trump, qui a déchiré unilatéralement cet accord en 2018 et imposé une politique de « pression maximale ». Il n'a aucune intention de revenir à la table des négociations en position de faiblesse.

Le discours de Salami est aussi un signal à Trump : « Votre pression maximale a échoué ; c'est maintenant nous qui faisons pression. » Le général iranien a retourné la rhétorique du président américain. Si Trump dit « accord ou guerre », les Gardiens de la Révolution répondent « guerre ou reddition ».

Qui paie pour ce discours

Les marchés boursiers du Golfe ont chuté pour la quatrième séance consécutive. Le Tadawul saoudien a perdu 2,1 % de sa capitalisation en une journée. La Bourse du Qatar a chuté de 2,8 %. Le marché financier de Dubaï a baissé de 3,3 %. Les investisseurs retirent leurs capitaux de la région à une vitesse vertigineuse.

Les négociants en pétrole intègrent une prime de guerre de 12 à 15 dollars par baril. Les analystes de Goldman Sachs ont publié une note ce matin intitulée « Le scénario Ormuz : une menace de base, pas un risque extrême ». La banque a relevé ses prévisions à trois mois pour le Brent à 130 dollars.

Les entreprises de défense sont les principales bénéficiaires. Les actions de Lockheed Martin ont bondi de 4,7 % en une journée. Raytheon a gagné 5,2 %. Northrop Grumman a augmenté de 4,9 %. Le Congrès américain discute déjà d'un plan d'urgence de 15 milliards de dollars pour le financement de la défense aérienne des alliés du Golfe.

Les assureurs maritimes sont en panique. Le coût du risque de guerre pour un pétrolier traversant le détroit d'Ormuz a atteint 2,1 % de la valeur de la cargaison. Pour un superpétrolier VLCC transportant deux millions de barils de pétrole, cela représente 2,5 millions de dollars par voyage. Certains transporteurs refusent tout simplement les trajets vers le golfe Persique.

Quelle est la suite ?

Scénario un : escalade démonstrative sans guerre généralisée. Les Gardiens de la Révolution lancent des frappes chirurgicales sur des installations qui symbolisent la présence américaine mais ne provoquent pas de réponse militaire directe. Une attaque symbolique de missile sur un entrepôt vide dans une base au Koweït. Une attaque de drone sur un navire ravitailleur de la marine américaine en eaux internationales. L'objectif est de maintenir la tension à un niveau où l'Occident s'assoit à la table des négociations avec une main perdante.

Scénario deux : erreur de calcul et escalade en spirale. Une frappe sur une installation causant des pertes américaines déclenche une chaîne de représailles. Les États-Unis frappent les lanceurs iraniens. L'Iran attaque les installations pétrolières saoudiennes. Le Brent dépasse les 150 dollars. L'économie mondiale entre en récession au troisième trimestre.

Scénario trois : un accord secret. Oman et le Qatar poursuivent la diplomatie de navette. Les parties conviennent d'une désescalade mutuelle en échange d'un allègement partiel des sanctions. Mais la rhétorique publique des Gardiens de la Révolution rend ce scénario de moins en moins probable — reculer après des mots comme « nouvel ordre mondial » est difficile même pour une hiérarchie autoritaire.

Une chose est sûre : Salami ne bluffait pas. Un homme qui commande une machine militaire passée des guerres par procuration à la confrontation directe avec les États-Unis au seuil du club nucléaire en cinq ans ne gaspille pas ses mots. Quand un général dit « effacer de la surface de la Terre », les marchés doivent écouter attentivement.

— Editorial Team

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