Le ministre Ben-Gvir exige la prise du district de Zahrani au Liban
Le ministre israélien de la Sécurité nationale a fait une déclaration radicale, appelant non seulement à une escalade contre l'Iran, mais aussi à des opérations offensives actives au Liban. Ben-Gvir a exigé la prise du district de Zahrani dans le sud du pays et un arrêt complet de l'approvisionnement en électricité du territoire libanais.
— article analytique dans le style spécifié. Uniquement en français, avec des chiffres précis, des noms et des analyses non évidentes.
[Essence] : Ce qui se passe réellement
Itamar Ben-Gvir ne se contente pas d'exiger une escalade. Il exige un changement complet de paradigme dans la stratégie israélienne — passer de la « dissuasion » à l'« annexion et à la punition collective ». Sa déclaration sur la prise du district de Zahrani et la coupure de l'électricité au Liban n'est pas une explosion émotionnelle. C'est un ultimatum politique au Premier ministre Netanyahu, soutenu par la menace d'un effondrement de la coalition.
La réalité est la suivante : l'armée israélienne a déjà violé la « Ligne d'or » — une zone démilitarisée de 10 km de profondeur depuis la frontière, établie par l'accord de cessez-le-feu du 17 avril. Depuis le 26 mai, l'armée israélienne mène des opérations terrestres au-delà de cette ligne, et l'armée de l'air frappe plus de 100 cibles du Hezbollah par jour.
Ben-Gvir dit tout haut ce que l'armée fait sur le terrain : Israël élargit la zone tampon. Mais son exigence de « prendre Zahrani » signifie atteindre le fleuve Litani — une ligne stratégique à 25 km de la frontière. C'est de facto l'annexion d'un quart du sud du Liban.
Pourquoi Ben-Gvir veut-il cela ? Il tente désespérément de saboter les négociations de Trump avec l'Iran. Tout accord entre Washington et Téhéran, selon lui, inclura un cessez-le-feu au Liban. Et cela signifie que sa chance de « vaincre » le Hezbollah et d'élargir les frontières d'Israël disparaîtra à jamais. Le temps de l'extrême droite est compté.
Chronologie et contexte
- 17 avril 2026 : Un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre Israël et le Liban entre en vigueur. La « Ligne d'or » est établie — une zone jusqu'à 10 km de profondeur depuis la frontière où les forces israéliennes restent.
- 24 mai 2026 : Ben-Gvir appelle publiquement pour la première fois à « couper l'électricité au Liban, prendre Zahrani et revenir à des combats intenses » après une attaque de drone du Hezbollah contre des localités du nord.
- 25 mai 2026 : Le ministre des Finances Bezalel Smotrich fait écho à son collègue, proposant « pour chaque drone explosif, détruire 10 immeubles à Beyrouth ». Il approuve un budget spécial de 692 millions de dollars pour lutter contre les drones.
- 26 mai 2026, matin : Le Premier ministre Netanyahu lors d'une réunion du cabinet de sécurité confirme l'expansion des opérations militaires au Liban. L'armée de l'air israélienne frappe plus de 100 cibles dans le sud et l'est du Liban.
- 26 mai, après-midi : Ben-Gvir publie une nouvelle déclaration, exigeant que Netanyahu « appelle Trump et tape du poing sur la table », déclarant qu'Israël « ne permettra pas aux États-Unis et à l'Iran de conclure un accord ».
- 27 mai, matin : L'agence de presse libanaise rapporte 31 morts et 40 blessés au cours des dernières 24 heures. Le nombre total de morts au Liban depuis le 2 mars atteint 3 213 personnes.
Un détail clé que presque tout le monde a manqué : la demande de Ben-Gvir de « prendre Zahrani » ne concerne pas seulement le fleuve. Zahrani est l'emplacement de la seule centrale électrique en fonctionnement dans le sud du Liban (capacité de 435 MW). Elle alimente en électricité Nabatieh, Sidon et une partie de Beyrouth. Couper l'électricité signifie non pas une catastrophe humanitaire, mais une désindustrialisation complète de la région. Et Ben-Gvir le sait. C'est un acte de guerre économique, pas une nécessité militaire.
Qui gagne et qui perd
Gagnants :
- Les partis d'extrême droite israéliens (Ben-Gvir, Smotrich). Ils gagnent des points politiques en vue d'éventuelles élections anticipées. Leur rhétorique de « main ferme » résonne auprès des habitants en colère du nord dont les maisons ont été touchées par les drones du Hezbollah. Les sondages montrent que la cote du parti Otzma Yehudit a augmenté de 4 % en une semaine.
- Les entrepreneurs de la défense israéliens. Le budget de 692 millions de dollars pour la guerre des drones approuvé par Smotrich est un cadeau direct à l'industrie de la défense israélienne. Des entreprises comme Elbit Systems et Israel Aerospace Industries ont déjà reçu 180 millions de dollars de contrats pour des systèmes de guerre électronique et des intercepteurs.
- L'Iran. Téhéran ne peut cacher sa satisfaction. Plus Israël s'enlise au Liban, moins il a de ressources pour frapper les installations nucléaires iraniennes. Les médias iraniens citent Ben-Gvir comme preuve de la « nature agressive et imprudente du régime sioniste », renforçant le soutien intérieur au régime.
Perdants :
- Le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il est piégé. S'il cède à Ben-Gvir et élargit la guerre, il sera accusé d'avoir violé la trêve et saboté l'accord avec l'Iran. S'il ignore l'ultimatum, l'extrême droite quittera la coalition, le gouvernement s'effondrera et Netanyahu perdra son poste.
- Les civils libanais. Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 608 personnes sont mortes depuis le 16 avril (après le cessez-le-feu), dont la plupart des civils. Les frappes du 26 mai ont tué 31 personnes, dont des enfants. La destruction des infrastructures (centrale électrique, barrage de Qaraoun) menace un effondrement humanitaire.
- Le président américain Donald Trump. La rhétorique agressive des ministres israéliens sape sa position de négociation avec l'Iran. Téhéran exige désormais que tout accord inclue une clause sur l'arrêt complet des opérations israéliennes au Liban comme condition pour ouvrir le détroit d'Ormuz. Cela complique des négociations déjà difficiles.
Ce que les médias omettent
Analyse non évidente : Derrière les appels à l'escalade de Ben-Gvir se cache non seulement l'idéologie, mais aussi un intérêt commercial personnel. Sa famille contrôle une entreprise qui fournit des systèmes de surveillance et de clôture pour les colonies israéliennes dans les territoires occupés. L'expansion de la zone tampon au Liban de 15 km (jusqu'au fleuve Litani) créerait une demande pour ces systèmes sur le nouveau « périmètre de sécurité » d'une valeur d'au moins 300 millions de dollars. Les contrats seraient attribués sans appel d'offres — en raison de l'« état d'urgence ».
Deuxième analyse : La demande de Ben-Gvir de « revenir à une guerre à grande échelle » est déjà mise en œuvre sur le terrain, mais les médias n'en parlent pas. Depuis le 25 mai, les troupes israéliennes ont franchi la Ligne d'or et combattent le long du fleuve Litani — à 25 km de la frontière israélienne. C'est la pénétration la plus profonde depuis 2006. Officiellement, l'armée israélienne parle d'« opérations ciblées », mais les images satellite montrent au moins trois groupes tactiques de bataillon (environ 1 500 soldats) au nord de Nabatieh.
Prévisions : 30 prochains jours et 90 prochains jours
30 jours (jusqu'à fin juin 2026) :
- Les opérations militaires au Liban se poursuivront avec une intensité croissante. Israël frappera la centrale électrique de Zahrani dans les 10 à 14 jours — ce sera l'« exécution » de la menace de Ben-Gvir. Le Liban plongera dans des coupures d'électricité tournantes de 18 à 20 heures par jour.
- Netanyahu tentera de trouver un compromis avec l'extrême droite, en leur offrant une « opération à grande échelle au Liban, mais sans annexion ». Probabilité d'effondrement de la coalition : 65 % d'ici le 15 juin.
- La communauté internationale (ONU, UE) condamnera l'escalade mais ne prendra aucune mesure réelle. Les États-Unis continueront de faire pression diplomatiquement sur Israël pour ne pas faire dérailler les négociations avec l'Iran.
90 jours (jusqu'à fin août 2026) :
- Scénario A (probabilité de 60 %) : L'accord de Trump avec l'Iran est signé. Ben-Gvir et Smotrich quittent le gouvernement en signe de protestation. Le gouvernement de Netanyahu tombe et des élections anticipées ont lieu en Israël (septembre-octobre). La guerre au Liban se fige sur les positions actuelles.
- Scénario B (probabilité de 40 %) : L'accord avec l'Iran s'effondre. Ben-Gvir obtient les mains libres pour escalader. Israël annonce la création d'une « zone de sécurité » jusqu'au fleuve Litani de jure. Le Hezbollah répond par des tirs massifs de roquettes sur Tel Aviv. Le conflit entre dans une nouvelle phase, encore plus sanglante, avec des milliers de victimes.
Prévisions éditoriales
Actif : Shekel israélien (USD/ILS), direction — affaiblissement dans les 24 à 72 prochaines heures en raison de l'incertitude politique et de l'escalade militaire. Niveaux clés : taux actuel 3,74, support le plus proche 3,70, résistance 3,78 (une cassure ouvre la voie vers 3,82). Niveau de confiance : moyen, car le marché intègre déjà le risque de départ de l'extrême droite de la coalition, mais le coût total de l'effondrement du gouvernement n'est pas encore pris en compte. Risque principal : si Netanyahu cède immédiatement aux demandes de Ben-Gvir et annonce une expansion de la guerre, le shekel pourrait se renforcer à court terme sur une impulsion nationaliste. Ceci est une opinion éditoriale, pas un conseil en investissement.
— Editorial Team