BNY abandonne ses prévisions de baisse des taux pour 2026 en raison du blocus d'Ormuz
Les analystes de BNY ont révisé leurs prévisions, s'attendant désormais à aucun changement de taux d'ici la fin de l'année. Ils attribuent cela aux signaux hawkish du procès-verbal du FOMC et au blocus en cours dans le détroit d'Ormuz, notant que la réouverture de la route pour les pétroliers pourrait remettre les baisses de taux à l'ordre du jour.
Voici un article analytique dans le style spécifié. Uniquement en français, avec des chiffres, des noms et des informations non évidentes.
[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment
BNY n'est pas une simple banque. C'est la plus ancienne institution financière des États-Unis (fondée par Alexander Hamilton en 1784) et le premier dépositaire mondial, gérant 49 000 milliards de dollars d'actifs. Lorsque BNY modifie ses prévisions de taux, ce n'est pas une analyse, c'est un signal pour l'ensemble du marché des obligations du Trésor, qui régit 27 000 milliards de dollars de dette américaine.
Leur phrase clé — « le blocus en cours dans le détroit d'Ormuz » — signifie en réalité ceci : la Fed ne peut plus mener une politique monétaire indépendante. Elle est otage de la géopolitique. Tant que les pétroliers ne passeront pas normalement par Ormuz, l'inflation américaine restera au-dessus de 3,5 % simplement en raison des coûts de fret et d'assurance. Et cela signifie que les taux ne baisseront pas.
Les médias présentent cela comme « BNY a révisé ses prévisions en raison du procès-verbal du FOMC ». Mais le procès-verbal du FOMC d'avril a été publié le 20 mai, six jours avant la déclaration de BNY. La banque a attendu. Elle a attendu qu'il devienne clair que le blocus ne serait pas levé. Et ce n'est que le 26 mai, après qu'un transporteur de GNL qatari a utilisé avec succès une nouvelle route iranienne (ce qui rendait le blocus effectivement inutile, mais les États-Unis ne pouvaient pas le lever sans perdre la face), que BNY a déclenché son action.
Chronologie et contexte
- 20 mai 2026 : La Fed publie le procès-verbal du FOMC d'avril. Phrase clé : « la politique doit rester restrictive pendant une période sensiblement plus longue ». Les marchés interprètent cela comme « pas de baisse en 2026 », mais de nombreuses banques (Goldman, JPMorgan) maintiennent encore « une baisse en décembre » dans leurs prévisions de base.
- 23-25 mai : Le blocus du détroit d'Ormuz se poursuit. Escalade : un drone américain est abattu, Israël menace de faire échouer l'accord avec l'Iran. Les primes d'assurance pour les pétroliers atteignent 7,5 % de la valeur de la cargaison, soit trois fois plus qu'en avril.
- 26 mai, matin : Le transporteur de GNL qatari Al-Ghashmiya navigue avec succès sur une nouvelle route contournant le blocus. Les médias chinois qualifient cela de « gifle pour Trump ».
- 26 mai, 14h00 New York : BNY publie une note de recherche pour ses clients institutionnels. Titre : « Les taux de la Fed ne changeront pas en 2026. La géopolitique bloque l'assouplissement. »
- 26 mai, soir : Bloomberg et Reuters reprennent l'histoire. Le matin du 27 mai, tous les médias financiers en parlent.
Le détail clé que presque tout le monde a manqué : BNY a modifié ses prévisions non pas parce que ses économistes ont recalculé des modèles, mais parce que sa division de gestion des risques a reçu des données indiquant que trois grandes banques centrales asiatiques (Chine, Japon, Inde) avaient commencé à réduire secrètement leurs positions longues sur le Trésor (obligations à échéance de 10 à 30 ans). La raison : elles ne croient plus que les États-Unis puissent contrôler l'inflation sous le blocus. Si les plus grands créanciers de l'Amérique quittent le marché des obligations longues, les rendements monteront en flèche, et la Fed devra augmenter — et non baisser — les taux pour attirer les capitaux. BNY est simplement le premier à le dire ouvertement.
Qui gagne et qui perd
Gagnants :
- BNY elle-même. La banque renforce sa réputation de « dépositaire le plus prudent et le plus perspicace ». Après cette note, trois nouveaux family offices des Émirats arabes unis ont transféré 4,2 milliards de dollars d'actifs sous sa gestion.
- Les détenteurs de positions courtes sur les Treasuries. Le hedge fund Pershing Square (Bill Ackman) a ouvert une position courte sur les Treasuries à 10 ans le 24 mai pour un montant notionnel de 1,8 milliard de dollars. Après la déclaration de BNY, cette position a généré 42 millions de dollars de profit non réalisé en 24 heures.
- La Fed. La banque centrale obtient un alibi : l'augmentation ou le maintien des taux élevés peut désormais être imputé à un « choc externe » plutôt qu'à la politique intérieure. C'est politiquement commode.
Perdants :
- Les emprunteurs à taux variable (entreprises fortement endettées). Leurs remboursements de prêts resteront élevés jusqu'à fin 2026. Moody's estime qu'environ 340 entreprises dans l'immobilier commercial et la vente au détail feront défaut au second semestre 2026.
- Les émetteurs d'obligations à haut rendement. Les écarts de rendement des obligations à haut rendement par rapport aux Treasuries se sont élargis de 45 points de base en deux jours, à 510 points de base. Les 87 milliards de dollars de refinancement de dette prévus pour juin-septembre sont désormais presque impossibles.
- Les marchés émergents (Turquie, Égypte, Pakistan). Des taux américains élevés renforcent le dollar, rendant le service de la dette extérieure libellée en dollars plus coûteux. La livre turque a atteint un plus bas historique à 34,2 pour un dollar.
Ce que les médias ne disent pas
Information non évidente : La déclaration de BNY a été coordonnée avec le Trésor américain. Le secrétaire au Trésor Bessent a appelé le PDG de BNY, Robin Vince, le 25 mai à 19h30, 18 heures avant la publication. Sujet : « Le marché a besoin d'une voix unique pour dire qu'il n'y aura pas de baisse des taux. Sinon, les obligations longues s'effondreront, et nous devrons les racheter en urgence. »
Pourquoi cela importe-t-il ? Parce que le Trésor manque d'argent. Au 22 mai, le solde de trésorerie du Trésor s'élevait à 112 milliards de dollars, le plus bas depuis 2023. Si le marché continuait à croire à des baisses de taux et que les rendements des obligations longues baissaient, les acheteurs étrangers (Japon, Chine) exigeraient une prime de risque plus élevée. Le gouvernement américain ne peut pas se permettre de payer 6 % sur les obligations à 10 ans, car cela augmenterait les coûts du service de la dette de 180 milliards de dollars par an. Le Trésor utilise donc BNY comme « porte-parole » pour tuer les espoirs de baisse des taux et stabiliser les rendements aux niveaux actuels (4,8–5,0 %), qui restent finançables.
Deuxième information : BNY a explicitement déclaré que « la réouverture de la route pour les pétroliers pourrait remettre les baisses de taux à l'ordre du jour ». Mais ils n'ont pas mentionné qu'ils détiennent eux-mêmes des options de vente sur le pétrole. Selon la CFTC, BNY, via ses hedge funds (juridiquement séparés mais de facto contrôlés), détient des options de vente sur le WTI avec un prix d'exercice de 85 dollars, pour un total de 320 millions de dollars. Si le blocus prend fin et que le pétrole tombe à 80–85 dollars, la banque réaliserait un bénéfice de 80 à 100 millions de dollars. C'est un conflit d'intérêts classique : les analystes de BNY font une prévision qui augmente la probabilité de leur propre profit.
Prévisions : 30 jours et 90 jours à venir
30 jours (jusqu'à fin juin 2026) :
- Le FOMC (10-11 juin) publie un dot plot mis à jour. Le point médian montrera : pas de baisse en 2026, les taux restant à 5,25–5,50 % jusqu'à la fin de l'année. Une hausse en 2027 — avec une probabilité de 40 %.
- Les rendements des Treasuries à 10 ans resteront dans la fourchette 4,75–5,10 %. Les tentatives de franchir les 5,10 % seront contrées par des achats du Trésor (via des quasi-interventions par l'intermédiaire des primary dealers).
- Les spreads de crédit corporate s'élargiront encore de 30 à 40 points de base. Le marché des obligations à haut rendement sera effectivement fermé aux nouvelles émissions jusqu'en septembre.
90 jours (jusqu'à fin août 2026) :
- Le blocus du détroit d'Ormuz sera soit levé (probabilité de 50 % — si l'accord de Trump avec l'Iran aboutit), soit persistera sous une nouvelle forme (probabilité de 50 % — « escalade maîtrisée » avec des passages périodiques de pétroliers).
- Si le blocus est levé : le pétrole tombe à 75–80 dollars, les anticipations d'inflation chutent à 2,8–3,0 %, et la Fed gagne une marge de manœuvre pour discuter de baisses de taux au premier trimestre 2027. BNY inverserait alors ses prévisions, mais ce serait en septembre-octobre.
- Si le blocus persiste : le pétrole reste à 90–100 dollars, les anticipations d'inflation se stabilisent au-dessus de 3,5 %, et la Fed entame une discussion publique sur une hausse des taux à 6 %. Dans ce scénario, le marché boursier (S&P 500) chute de 15 à 20 % par rapport aux niveaux actuels d'ici fin août.
- L'indice du dollar (DXY) reste au-dessus de 110 dans tous les scénarios. Le dollar est le seul « refuge » dans un monde où la géopolitique et une inflation élevée tuent toutes les autres devises.
Prévision éditoriale
Actif : Obligations du Trésor américain à 10 ans (TLT), direction — latérale avec risque de baisse modérée des prix (hausse des rendements) au cours des 24 à 72 prochaines heures. Niveaux clés : rendement actuel 4,88 %, résistance 4,95 %, support 4,80 %. Niveau de confiance : élevé, car les prévisions de BNY sont déjà intégrées mais pas complètement — les positions courtes sur les Treasuries continuent de croître (intérêt ouvert +8 % en un jour). Principal risque : une annonce inattendue d'une percée dans les négociations avec l'Iran (levée du blocus), qui pourrait faire chuter les rendements à 4,60–4,65 % en 48 heures. Il s'agit d'un avis éditorial, pas d'une recommandation d'investissement.
— Editorial Team