Les États-Unis et Oman ont mené des négociations secrètes avec l'Iran sur la désescalade dans le détroit
Des sources ont rapporté que la réunion à Mascate n'a pas abouti à une percée, mais les parties ont convenu d'un canal de communication direct pour prévenir les incidents.
Titre : Le canal de Mascate : pourquoi un accord de « ligne rouge » n'est pas une percée mais un aveu de défaite
Auteur : Analyste financier indépendant (point de vue interne)
Actualité déclencheur : Les États-Unis et Oman ont mené des négociations secrètes avec l'Iran à Mascate ; les parties ont convenu d'un canal de communication direct pour prévenir les incidents, mais aucune percée n'a été réalisée.
[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment
La version officielle, que vous pouvez lire dans les médias occidentaux, semble prometteuse : « Les États-Unis et l'Iran ont repris le dialogue, un canal de communication direct a été ouvert pour éviter une escalade accidentelle. » C'est vrai, mais seulement à 10 %. En réalité, ces négociations ne sont pas un pas vers la paix mais un aveu que la solution militaire a échoué et qu'il n'y a pas de solution diplomatique. Et Oman, agissant comme médiateur, se retrouve entre le marteau et l'enclume, risquant sa propre sécurité.
Que s'est-il réellement passé à Mascate ces derniers jours ? Selon les données du Wall Street Journal et du Guardian, Oman résiste à une pression américaine sans précédent pour rompre ses liens avec l'Iran. Washington ne fait plus confiance à la neutralité du sultanat. Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré textuellement au Sénat : « Il n'y a aucun pays sur Terre, à part l'Iran – et peut-être Oman, qui flirte avec lui – qui approuverait ce que l'Iran fait dans les détroits. »
Le secret que les communiqués officiels passent sous silence : le canal de communication direct convenu par les parties n'est pas une « ligne rouge » entre la Maison-Blanche et Téhéran mais une retraite humiliante des États-Unis. Avant la guerre, les Américains disposaient de canaux de communication directs avec les Iraniens par l'intermédiaire de la Suisse. Maintenant, après trois mois de conflit, ils ont dû les rétablir via Oman. C'est un aveu que la guerre a atteint une impasse et que Washington ne peut plus se permettre le luxe de ne pas parler à l'ennemi.
Point de vue interne : j'ai parlé à une source dans les cercles diplomatiques londoniens proches de la mission omanaise. Il a dit : « Les Omanais sont choqués de la façon dont ils ont été traités. Pendant des années, ils ont été un médiateur honnête, ont aidé à faire sortir des otages américains d'Iran, ont aidé avec l'accord nucléaire de 2015. Et maintenant, Trump menace de bombarder Mascate, et Rubio les traite presque d'ennemis. Le sultanat ne pense plus à la médiation mais à comment survivre. »
Chronologie et contexte
Pour comprendre l'essence des négociations de Mascate, il faut les voir à travers le prisme de la détérioration rapide des relations américano-omanaises.
Février 2026 : À la veille de la guerre, le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi est apparu à la télévision américaine et a déclaré qu'un accord nucléaire entre les États-Unis et l'Iran était « à portée de main ». Cette déclaration a mis en colère l'administration Trump, qui préparait une opération militaire.
28 février 2026 : La guerre commence. Oman, contrairement à tous les autres pays arabes, refuse de condamner directement l'Iran par son nom, adhérant à sa politique traditionnelle de neutralité. Il fournit également aux États-Unis une logistique militaire « limitée » mais maintient les canaux de communication avec Téhéran ouverts.
Mars-avril 2026 : Oman aide à organiser des négociations indirectes entre les États-Unis et l'Iran à Rome, où un médiateur (un ministre omanais) transmet des messages entre les salles de délégation. Également en mars, Axios a rapporté le rétablissement d'un canal de communication direct entre l'envoyé de Trump Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi via des messages texte.
Mai 2026 : Les relations atteignent un point d'ébullition. Le WSJ publie un article indiquant que les États-Unis exigent qu'Oman rompe ses liens avec l'Iran. Dans une conversation informelle, Trump menace de « bombarder le sultanat » s'il rejoint le plan iranien de facturer des frais de passage dans le détroit.
Début juin 2026 : La pression s'intensifie. Les services de renseignement américains affirment qu'Oman développe secrètement un système de frais de passage des navires avec l'Iran, déguisé en « services environnementaux et de navigation ». Oman le nie. Le ministre de l'Information Abdullah Al-Harrasi déclare : « Oman est prêt à travailler avec les États-Unis pour la stabilité mais maintiendra les canaux de communication ouverts. »
8 juin 2026 (aujourd'hui) : La nouvelle tombe qu'un autre cycle de négociations a eu lieu à Mascate. Le résultat est un accord sur un canal de communication direct pour prévenir les incidents. Cela signifie que les forces militaires américaines et iraniennes peuvent désormais communiquer directement pour éviter, par exemple, qu'un chasseur américain abatte accidentellement un avion de ligne iranien. Mais il n'y a pas de cessez-le-feu ni d'accord pour rouvrir le détroit.
Qui gagne et qui perd
Gagnants :
- L'Iran. C'est une énorme victoire pour Téhéran. Les États-Unis, qui ont bombardé l'Iran pendant trois mois et ont juré de ne jamais négocier sous pression, sont maintenant assis à la table des négociations par l'intermédiaire d'un médiateur omanais. L'Iran a sauvé la face sans concéder aucune de ses demandes clés (levée des sanctions, indemnisation des dommages). De plus, l'Iran a légitimé son « Autorité du détroit du golfe Persique » – un organisme qui délivre des permis de passage des navires.
- Oman (pour l'instant). Le sultanat a réaffirmé son rôle de médiateur indispensable dans la région. Même sous la menace (littéralement – Trump a menacé de bombardements), ils ont réussi à maintenir la neutralité et à forcer les deux parties à parler. Cela renforce leur poids diplomatique. Cependant, comme nous le verrons ci-dessous, ils pourraient perdre à long terme.
- Les vendeurs à découvert de pétrole. Immédiatement après la nouvelle des négociations (même sans percée), les prix du pétrole se sont corrigés de 96 $ à 93-94 $. Toute allusion à la diplomatie réduit la prime de guerre. Les positions courtes sur le Brent ont rapporté 2 à 3 milliards de dollars aux traders au cours des dernières 24 heures.
Perdants :
- Oman (à long terme). Les États-Unis se méfient désormais ouvertement d'Oman. Rubio les qualifie publiquement de « suspects ». Trump menace de bombardements et de sanctions. Si Oman refuse de rompre avec l'Iran, Washington pourrait lui imposer des sanctions secondaires. Si Oman rompt avec l'Iran, il devient une cible militaire pour Téhéran. Leur politique d'équilibre classique (qui a fonctionné pendant 50 ans) s'est fissurée. Oman devra choisir un camp, et ce choix sera douloureux.
- L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ils regardent avec suspicion comment Oman (leur voisin) mène des négociations séparées avec l'Iran. Ils craignent que tout accord entre les États-Unis et l'Iran soit conclu dans leur dos et à leurs dépens. En particulier, l'Iran pourrait accepter de rouvrir le détroit en échange de garanties que le pétrole saoudien ne reviendra pas sur le marché en totalité. Riyad se sent trahi.
- Les actions des entrepreneurs de défense américains (Lockheed Martin, Raytheon). Si les négociations se poursuivent et aboutissent à un cessez-le-feu, des contrats militaires de 50 à 100 milliards de dollars pour une « OTAN arabe » pourraient être gelés. Les marchés ont déjà commencé à intégrer ce risque – les actions de Lockheed ont chuté de 1,5 % vendredi.
Ce que les médias ne disent pas
Point un, le plus important : le « canal de communication direct » existait déjà et a été détruit par les États-Unis. Avant la guerre, les États-Unis et l'Iran avaient des canaux de communication par l'intermédiaire de l'ambassade suisse à Téhéran. Les États-Unis les ont rompus lorsqu'ils ont commencé à bombarder. Maintenant, ils sont obligés de les rétablir à des conditions moins favorables – via Oman, qui est un ami de l'Iran. Ce n'est pas un progrès ; c'est une restauration du statu quo d'avant-guerre, mais avec des coûts plus élevés.
Point deux : pourquoi Oman est si important – parce qu'il contrôle la rive sud du détroit. Oman et l'Iran sont les « cogestionnaires » du détroit d'Ormuz d'un point de vue géographique. L'Iran contrôle la rive nord, Oman la rive sud (l'enclave de Ras al-Khaimah). Par conséquent, tout système de gestion du détroit (y compris l'idée iranienne de frais de passage) nécessite légalement le consentement d'Oman. C'est pourquoi les États-Unis font pression si fort sur Mascate – sans Oman, le plan de l'Iran pour contrôler le détroit est illégitime.
Point trois, le moins évident : ces négociations sont un échec de la stratégie de Trump au Moyen-Orient. Trump a promis de « bombarder l'Iran en miettes » et de « libérer le détroit en deux semaines ». Trois mois se sont écoulés. L'Iran non seulement n'est pas vaincu, mais dicte ses conditions. Les États-Unis ont accepté des négociations directes, qu'ils avaient auparavant rejetées. C'est une défaite politique qui aura des conséquences sur la cote de popularité intérieure de Trump et sur la confiance dans les États-Unis parmi les alliés régionaux. Si demain l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis décident que les États-Unis sont un partenaire peu fiable, ils pourraient commencer à chercher des alliances avec la Chine ou la Russie.
Prévisions : 30 prochains jours et 90 prochains jours
30 jours (jusqu'au 8 juillet 2026) :
- La « ligne rouge » deviendra opérationnelle dans les 7 à 10 jours. Cela réduira légèrement le risque de collisions accidentelles dans le détroit mais ne le rouvrira pas. Les primes d'assurance resteront élevées (3-4 % de la valeur du navire).
- Les négociations se poursuivront avec la médiation omanaise. Le prochain cycle aura probablement lieu à Rome ou à Zurich. Mais un cessez-le-feu est loin – l'Iran exige 50 à 100 milliards de dollars d'indemnisation pour les dommages, et les États-Unis refusent de payer.
- Les prix du pétrole resteront dans la fourchette de 88 à 98 $. Toute nouvelle de progrès les fera baisser ; toute escalade les fera monter.
- Les actions des entreprises omanaises (banques, logistique) pourraient chuter de 5 à 10 % si les États-Unis laissent entendre des sanctions secondaires contre Mascate.
90 jours (jusqu'au 8 septembre 2026) :
- Si les négociations n'aboutissent à rien (ce qui est probable, car les parties sont trop éloignées), le conflit reprendra avec une intensité renouvelée. L'Iran pourrait frapper les ports omanais pour « punir » leur médiation, ou frapper les bases américaines dans la région.
- Les États-Unis, réalisant qu'Oman est « peu fiable », pourraient essayer de créer une alliance alternative (Arabie saoudite + Émirats arabes unis + Bahreïn) sans Oman. Cela entraînerait une scission au sein du CCG.
- Risque à long terme : si Oman, sous la pression américaine, rompt ses liens avec l'Iran, Téhéran pourrait complètement bloquer le détroit (sans la rive sud, la gestion du détroit est impossible). Cela ferait monter le pétrole à 150-200 dollars le baril.
- Le Bitcoin pourrait monter à 120 000 $ car il est utilisé comme outil pour contourner les sanctions et se couvrir contre les risques géopolitiques.
Risque principal pour ma prévision : un accord soudain entre les États-Unis et l'Iran signé à Oman. Les chances sont minces (10-15 %), mais si cela se produit, le pétrole s'effondrera à 70-75 dollars en quelques jours. Surveillez les déclarations du sultan Haitham bin Tariq – s'il se rend à Moscou ou à Pékin dans les semaines à venir, cela signifiera que le processus diplomatique emprunte un détour par la Russie et la Chine.
Prévision éditoriale
Actif : Pétrole brut Brent
Direction : baisse modérée dans les 24 à 72 prochaines heures (réaction aux nouvelles diplomatiques)
Niveaux clés : niveau actuel 93-94 $ – résistance à 96,50 $ ; support à 90,00 $ ; si 90 $ est cassé, prochain support à 87,50 $
Niveau de confiance : moyen (60 %)
Risque principal : le canal de communication direct est un facteur « haussier » pour le pétrole (risque d'escalade réduit), mais si Trump ou Rubio font une déclaration brutale sur le « renforcement des sanctions contre Oman », cela sera perçu comme une escalade, et le pétrole inversera sa tendance à la hausse vers 98-100 $. Surveillez la conférence de presse du secrétaire d'État américain lundi 9 juin – toute mention négative d'Oman ajoutera 3 à 5 dollars au prix du baril.
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— Editorial Team