Le dollar progresse modérément grâce à la demande de valeurs refuges
L'indice DXY a augmenté alors que les investisseurs continuent de craindre une escalade du conflit dans le golfe Persique, ce qui pèse sur l'euro et la livre sterling.
Le dollar progresse modérément grâce à la demande de valeurs refuges : la divergence cachée dont les marchés ne parlent pas
À première vue, l'actualité ressemble à une réaction classique des marchés à la géopolitique : l'indice DXY monte, les investisseurs fuient vers les valeurs refuges en raison de l'escalade dans le golfe Persique, et l'euro et la livre sterling s'affaiblissent. Mais en creusant, l'histoire devient bien plus paradoxale. Nous assistons à une anomalie qui précède généralement un retournement brutal : le dollar monte alors que les rendements des Treasuries baissent et que le marché boursier est en hausse. Dans la logique normale du marché, une telle combinaison est impossible. Cela signifie soit que le marché se trompe, soit qu'il y a quelque chose derrière tout cela dont les analystes ne parlent pas.
[Le cœur du sujet] : ce qui se passe vraiment
L'indice du dollar DXY se maintient au-dessus du seuil des 99,00, tentant de franchir la résistance dans la zone des 99,30–99,50. La hausse de 0,3 % d'hier a été déclenchée par la déclaration de Trump selon laquelle les négociations de paix avec l'Iran « n'ont pas atteint un niveau satisfaisant » et que « nous devrons peut-être revenir en arrière et finir le travail ». Parallèlement, le Pentagone a lancé de nouvelles frappes contre des installations militaires iraniennes dans la province de Bandar Abbas, interceptant des drones des Gardiens de la révolution.
Mais voici le paradoxe clé : lundi, de fausses informations ont fait état d'un « accord-cadre » sur le détroit d'Ormuz — le pétrole a chuté de 3,5 % et le marché boursier a bondi. On pourrait penser que les espoirs de paix devraient affaiblir le dollar en tant que valeur refuge. Mais le DXY n'a pas baissé — il est resté stable. Et lorsque Trump a démenti ces rumeurs, le dollar a grimpé, effaçant ses pertes.
Les initiés voient la raison : le dollar a cessé d'être une pure valeur refuge — il est devenu l'otage de deux récits concurrents :
- La peur géopolitique pousse le dollar à la hausse (flux classique vers les valeurs refuges).
- Mais la hausse des prix du pétrole due au conflit alimente l'inflation, ce qui amène le marché à intégrer une hausse des taux de la Fed — ce qui est également positif pour le dollar.
Le marché intègre une probabilité de 80 % d'une hausse des taux d'ici décembre 2026. Dans des circonstances normales, cela tuerait le marché boursier. Mais le S&P 500 et le Nasdaq atteignent de nouveaux records. Un paradoxe ? Non. Cela signifie que différents groupes d'investisseurs vivent dans des univers différents : certains achètent des actions en espérant la paix, d'autres se couvrent avec des dollars en cas de guerre.
Chronologie et contexte
- 25 mai 2026 : Les États-Unis frappent des lanceurs de missiles iraniens en état de légitime défense. Des informations font état d'un possible « accord-cadre » sur Ormuz. Le pétrole tombe à 92,8 $.
- 26 mai 2026 : Les marchés américains sont fermés pour le Memorial Day. L'Asie et l'Europe sont mitigées.
- 27 mai 2026, matin : Trump déclare lors d'une réunion du cabinet : « Les négociations avec l'Iran n'ont pas atteint un niveau satisfaisant. Nous verrons ce qui se passe. Nous devrons peut-être revenir en arrière et finir le travail — ou peut-être pas maintenant. »
- 27 mai 2026, soir : Le Pentagone frappe à nouveau des installations militaires à Bandar Abbas. Un responsable américain rapporte que plusieurs drones iraniens ont été interceptés et abattus.
- 28 mai 2026, nuit (heure locale) : Explosions à l'est de Bandar Abbas ; les systèmes de défense aérienne iraniens sont mis en alerte.
- 28 mai 2026, session asiatique : Le DXY atteint un nouveau sommet hebdomadaire, s'échangeant autour de 99,30–99,40. Le won sud-coréen tombe à 1 504 pour un dollar. L'USD/CAD atteint 1,3800 — un sommet depuis le 13 avril. L'EUR/GBP fluctue au-dessus de 0,8650.
Qui gagne et qui perd
Gagnants :
- Les détenteurs de positions longues sur l'USD. Surtout contre les devises vulnérables aux prix du pétrole (CAD, JPY — bien que le yen soit une valeur refuge traditionnelle, les coûts élevés d'importation d'énergie nuisent à l'économie japonaise).
- Les traders de paires (long DXY, short EUR/GBP). L'écart de politique monétaire se creuse : le marché intègre une probabilité de 91 % d'une hausse des taux de la BCE en juin, mais la Banque d'Angleterre, au contraire, pourrait même assouplir sa politique en raison de la récession.
- Le dollar canadien — de manière inattendue. Bien que le CAD s'affaiblisse face à l'USD, il se redresse face aux autres devises alors que le pétrole (principale exportation du Canada) rebondit après avoir touché des plus bas de trois semaines.
Perdants :
- La livre sterling (GBP). La GBP/USD reste sous pression, s'échangeant dans la fourchette 1,3416–1,3451. La Banque d'Angleterre ne montre pas de position belliciste, contrairement à la BCE et à la Fed.
- L'euro (EUR). Malgré les attentes d'une hausse des taux de la BCE le 11 juin, l'euro ne peut pas monter car le choc géopolitique frappe l'économie de la zone euro plus durement que celle des États-Unis. Le chef économiste de la BCE, Philip Lane, a averti que les conséquences inflationnistes de la guerre dureront plus longtemps que le conflit lui-même.
Ce que les médias ne disent pas
Aperçu n°1 — « Le DXY à la croisée des chemins : la fourchette 99,00–99,50 décidera de tout. »
Techniquement, le DXY est à un point décisif. D'un côté, l'indice se maintient au-dessus de la moyenne mobile exponentielle sur 200 périodes, ce que les analystes techniques considèrent comme un signe de formation d'un plancher. De l'autre côté, le prix n'a pas réussi à franchir le niveau de retracement de Fibonacci de 23,6 % à 99,30–99,50 depuis plusieurs jours.
Remarquez ce que les gros titres ne disent pas : le bitcoin a une corrélation négative modérée avec le DXY (environ -0,34). Un franchissement du DXY au-dessus de 99,50 mettra la pression sur le BTC et les autres cryptomonnaies. Mais si l'indice casse le support à 99,00, ce sera un signal haussier puissant pour les actifs risqués.
Aperçu n°2 — « L'indice PCE vendredi : une bombe à retardement silencieuse. »
Tout le drame géopolitique se déroule dans le contexte du rapport clé sur l'inflation — l'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), qui sera publié vendredi 30 mai. Les économistes s'attendent à ce que le PCE de base augmente de 0,3 % sur un mois, maintenant l'inflation annuelle à 2,8 %.
Si les données sont supérieures aux prévisions, le marché intégrera non pas 80 % mais 95 % de probabilité d'une hausse des taux de la Fed cette année. Le DXY franchira 99,50 et se dirigera vers 100,00–100,10. Parallèlement, le marché boursier, qui ignore actuellement les risques bellicistes, pourrait s'effondrer. Ce serait un classique « risk-off » : dollar en hausse, actions en baisse.
Aperçu n°3 — « L'effondrement des corrélations ne peut pas durer éternellement. »
Les analystes d'IC Markets préviennent que plusieurs corrélations clés se sont brisées. Le dollar a augmenté, mais les rendements des Treasuries ont baissé (le T à 10 ans autour de 4,45 % au lieu des 4,6 %+ habituels sous de tels risques géopolitiques). Les actions ont augmenté. C'est impossible dans un régime de marché normal.
Ma prévision : l'effondrement se résoudra dans une direction dans les 5 à 10 jours de trading. Soit la peur géopolitique l'emporte, le DXY franchit 99,50 et les actions corrigent de 3 à 5 %. Soit les espoirs de paix reviennent (même sur de fausses nouvelles), et le dollar s'effondre à 98,50, ouvrant la voie à un rallye des actifs risqués.
Prévision : 30 prochains jours et 90 prochains jours
30 jours : Le niveau clé pour le DXY est 99,30–99,50. Si l'indice PCE de vendredi est « chaud » (supérieur à 0,3 % sur un mois), l'indice franchira la résistance et se dirigera vers 99,80–100,10. Si le PCE déçoit (0,2 % ou moins), le dollar s'effondrera à 98,50. Attendez-vous à une volatilité accrue jusqu'à la fin juin : fourchette 98,50–100,50 avec des fluctuations brutales à chaque nouvelle en provenance du golfe Persique.
90 jours : Le bilan des risques penche en faveur d'un dollar fort. La guerre en Iran ne se terminera pas rapidement — trop de parties ont intérêt à sa poursuite (y compris les élites internes à Téhéran et Washington). L'inflation restera supérieure à 2,5 %, et la Fed sera contrainte d'augmenter ses taux en décembre. Cela poussera le DXY à 101,00–102,00 d'ici la fin de l'année. Mais le principal risque : si Trump et Khamenei concluent soudainement un accord (probabilité de 20 à 30 %), le dollar s'effondrera à 97,00 alors que les marchés intégreront des « dividendes de paix ».
Prévision éditoriale
Actif : DXY (US Dollar Index). Direction — incertaine avec un biais haussier au cours des 48 à 72 prochaines heures. Fourchette clé — 99,00–99,50. Un franchissement au-dessus de 99,50 ouvre la voie vers 100,00. Niveau de confiance — faible (45 %) car le marché est dans un état d'effondrement des corrélations, ce qui rend toute prévision peu fiable. Principal risque : une reprise soudaine des négociations de paix (même au niveau des rumeurs) pourrait faire chuter le DXY à 98,50 en quelques heures, comme cela s'est produit le 25 mai avec de fausses informations sur un accord.
— Editorial Team